Sarkozy parle d’infamie à propos des accusations de soutien libyen

Rédaction en ligne

dimanche 29 avril 2012, 14:13

Nicolas Sarkozy a riposté dimanche aux accusations sur un « accord » de la Libye au financement de sa campagne de 2007, mentionné dans une note publiée par Mediapart dont l’authenticité a été mise en doute, à une semaine du second tour de l’élection présidentielle.

Sarkozy parle d’infamie à propos des accusations de soutien libyen

AP

C’est une infamie. Quand je pense qu’il y a des journalistes qui osent donner du crédit au fils Kadhafi et aux services secrets de M. Kadhafi », a réagi le président et candidat de l’UMP sur Canal +. « C’est une honte qu’on me pose une question pareille », a ajouté M. Sarkozy, qui avait qualifié de « grotesque » le 12 mars un éventuel financement de sa campagne de 2007 par Mouammar Kadhafi. Auparavant, dans Le Parisien, il avait parlé d’ » une tentative pour faire diversion après le retour en scène de M. Strauss-Kahn, qui est tout sauf à l’avantage des socialistes ».

Samedi, Bernard Cazeneuve, un des porte-parole de François Hollande, avait demandé à M. Sarkozy de « s’expliquer devant les Français » face « à des éléments aussi graves ». Un autre membre de l’équipe Hollande, Delphine Batho, a jugé que « l’ouverture d’une information judiciaire et la désignation d’un juge indépendant s’impos(ai)ent ».

Le Premier ministre François Fillon a mis en doute l’authenticité de la note citée par Mediapart, attribuée à Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignements extérieurs de la Libye, aujourd’hui en exil, qui fait état d’un « accord de principe » de Tripoli pour financer à hauteur de « 50 millions d’euros » la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Ce document ne précise pas si un tel financement a effectivement eu lieu. En mars 2011, le fils de Mouammar Kadhafi Saïf al Islam avait affirmé à Euronews que la Libye avait financé la campagne de M. Sarkozy pour la présidentielle de 2007.

Parlant d’un « document faux, en tout cas impossible à authentifier », M. Fillon a dénoncé des « boules puantes » et s’en est pris à Mediapart, qualifiée d’ » officine financée par de riches amis de François Hollande ». Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel a répliqué que le site d’informations « n’est pas une officine mais un journal animé par des journalistes professionnels » dont les actionnaires majoritaires « sont ses journalistes fondateurs ». « Mediapart maintient le sérieux et la fiabilité de ses informations, fruit de dix mois d’enquête sur les relations nouées depuis 2005 par le premier cercle de Nicolas Sarkozy avec le régime dictatorial du colonel Kadhafi », a ajouté Edwy Plenel.

Le site affirme que la note a été adressée le 10 décembre 2006 à Bachir Saleh, ex-président du Fonds libyen des investissements africains et ex-directeur de cabinet de Kadhafi, qui se trouve aujourd’hui en France, selon son avocat Me Pierre Haïk. Le Canard Enchaîné avait affirmé début avril que Bachir Saleh, recherché par Interpol, avait obtenu un titre de séjour en France « au nom du regroupement familial ».

M. Saleh a émis « les plus expresses réserves sur l’authenticité » de cette note dont il dit « n’avoir été jamais destinataire », dans une déclaration transmise à l’AFP. Il a aussi démenti « catégoriquement avoir participé à une réunion le 6 octobre 2006 », évoquée dans la note, « au cours de laquelle un accord aurait été conclu en vue de déterminer les modalités d’un soutien financier à la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy ».

« Son démenti tardif est contredit par l’ensemble de nos révélations, qui sont à la disposition d’une justice indépendante, et par Ziad Takieddine lui-même qui fut l’intermédiaire de ces relations occultes franco-libyennes et qui, cité dans le document révélé, en confirme l’authenticité », affirme Edwy Plenel.

L’homme d’affaires franco-libanais Ziad Takieddine, mis en examen dans le volet financier du dossier Karachi, a dit reconnaître la signature de Moussa Koussa sur le document. Il a affirmé qu’il n’avait « pas assisté » à la réunion le 6 octobre 2006, comme l’indique la note citée par Mediapart, mais qu’ » elle a pu avoir lieu ».

(AFP)