Hollande : « La victoire, je la sens venir »

Rédaction en ligne

jeudi 03 mai 2012, 22:36

« Je veux effacer le souvenir cruel du 21 avril 2002 », a confié François Hollande, précédé sur scène par Lionel Jospin, lors du dernier grand meeting de sa campagne à Toulouse.

Hollande : « La victoire, je la sens venir »

AP

« Le temps de l'alternance est venu ! Nous attendons depuis si longtemps ce moment. Dix ans qu'il n'y a pas eu la gauche au pouvoir ! Dix-sept ans qu'il n'y a pas eu un président de gauche à la responsabilité du pays », a rappelé François Hollande. « De nouveau, la gauche est là, prête à diriger le pays », a-t-il déclaré en ouverture d'un discours de 40 minutes destiné à mobiliser à trois jours du scrutin décisif. Le candidat socialiste a souhaité que le 6 mai prochain soit le jour « de la victoire », « de la conscience », « de l'espoir retrouvé ».

« Effacer le souvenir cruel du 21 avril »

« Si nous l'emportons, et nous l'emporterons, je veux que cela efface le souvenir cruel du 21 avril 2002 », a confié François Hollande. Il avait été précédé sur scène par Lionel Jospin, Premier ministre socialiste qui avait été éliminé dès le premier tour de la présidentielle de 2002 en recueillant moins de voix que le candidat du Front national Jean-Marie Le Pen.

Au lendemain du débat télévisé qui l'a opposé à Nicolas Sarkozy, François Hollande a ironisé sur « les qualités de modestie, de retenue et de réserve » du « candidat sortant », qui ne voulait faire « qu'une bouchée de ce débat » mais qui a dû « rester sur sa faim ». « J'ai pu lui dire bien en face ce que vous aviez sur le cœur (…) Maintenant, c'est à vous de lui exprimer bien en face ce que vous avez à lui dire », a lancé François Hollande à la foule enthousiaste. « La victoire, vous allez aller l'arracher des mains de la droite pour l'offrir au peuple tout entier ».

« Si des frontières doivent être rétablies, elles doivent l'être aussi sur le plan moral »

En écho au thème des frontières développé dimanche dernier à Toulouse par Nicolas Sarkozy, François Hollande a plaidé : « Si des frontières doivent être rétablies, elles doivent l'être aussi sur le plan moral. La frontière, elle doit être posée entre l'intérêt général et les intérêts particuliers. La frontière, elle doit être placée entre l'argent et la politique. La frontière, elle doit être posée strictement entre les valeurs de la République et les valeurs de ceux qui mettent en cause la République ». Une allusion au cordon sanitaire qui s'écaille entre l'UMP et le FN.

Bayrou votera Hollande à titre personnel

Prônant un « élargissement » au-delà de son camp, François Hollande s'est adressé « à celles et ceux qui partagent ces valeurs humanistes, à ces concitoyens libres de toute appartenance et qui à un moment décident en conscience de confier à la gauche la responsabilité de leur destin ».

Le socialiste tendait la main aux électeurs centristes au moment même où François Bayrou annonçait qu'à titre personnel, il voterait Hollande dimanche. Lors de son allocution à Paris, le président du MoDem s'est cependant gardé de donner une consigne de vote aux 9,13 % d'électeurs qui l'avaient choisi au premier tour.

L'écart se resserre entre Hollande et Sarkozy

selon un sondage OpinionWay-Fiducial. 77 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon, 35 % de ceux de François Bayrou et 19 % de ceux de Marine le Pen voteraient François Hollande. Nicolas Sarkozy bénéficierait de 50 % des voix de Marine Le Pen, de 39 % de celles de François Baryou, et de 9 % de celles de Jean-Luc Mélenchon. 19 % des personnes interrogées n'expriment pas d'intentions de vote.

(avec ap, afp)