A 20 heures, l’Elysée

Rédaction en ligne

dimanche 06 mai 2012, 11:33

La revue de presse de ce dimanche 6 mai, jour du second tour de la présidentielle

A 20 heures, l’Elysée

AP Photo/Christophe Ena

Nicolas Sarkozy y croit encore. De toutes ses forces. Malgré les sondages toujours défavorables, le statut de favori de François Hollande et le scepticisme d’une partie des dirigeants de l’UMP. “Le fol espoir du président candidat “ titre Le Monde. “ Rendez-vous à la Concorde “ raconte Le Parisien-Aujourd’hui en France. “ Qui ? “ interroge plus sobrement le Journal du Dimanche.

l y croit. Il le dit. Son entourage le plus proche l’affirme, mobilise et enrage de la démobilisation des hauts responsables de l’UMP. C’est le Journal du dimanche qui le raconte sous le titre “ Sarkozy parmi les siens “. Jogging samedi, puis remerciements en fin de journée au QG de campagne. “ Personne n’a rien compris à cette élection “ jure l’actuel locataire de l’Elysée, dont le bail politique expire à 20 heures, et le bail institutionnel le 15 mai. “ Il n’était pas fatigué, pas usé “ expliquent les militants. Une tonalité proche du récit du “ Monde “. “ Le fol espoir du président-candidat “ (http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/05/le-fol-espoir-de-nicolas-sarkozy_1696205_1471069.html) a titré, samedi, le quotidien du Soir, qui a préféré consacrer son éditorial de “ une “ ….à la Grèce.

“ Ca va se jouer à quelques milliers de voix “ explique dans les colonnes du quotidien un parlementaire Sarkozyste. “ 50-50, avantage Sarko “ prédit un autre malgré des sondages toujours favorables à François Hollande. 50-50 ? Cela rappelle une autre élection. Dans un autre pays. Et Nicolas Sarkozy, justement, en aurait parlé aux journalistes selon Le Parisien (http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/candidats/presidentielle-les-derniers-espoirs-de-nicolas-sarkozy-06-05-2012-1986583.php) : “ Ce sera très serré. Les résultats risquent d’être contestés comme pour Bush en Floride. Ca va se jouer sur le fil du rasoir “.

C’est au fond l’élément-clé de cette journée de vote. Le suspense. Logique en pareilles circonstances, mais doublé là de toute la tension liée au président sortant. A son style. A sa rage d’être réélu. A la surprise déjà crée par son adversaire socialiste. Dans cette “ fenêtre étroite électorale “ que décrit Le Monde, deux styles, deux visions de la France s’opposent détaillent les quotidiens dominicaux qui, comme les deux candidats, apparaissent épuisés, fatigués de ce qui fut une course sans merci. Les proches de Nicolas Sarkozy disent avoir été fiers, lors de son dernier meeting aux Sables d’Olonne, de le voir “ en sueur, dos au mur, toujours aussi combattif “. D’autres disent dans “ Le Monde “ avoir pensé à faire leurs cartons, puis reporté leur décision “ pour attendre la semaine prochaine “. Sauf que…Là s’arrête le film. La réalité des chiffres est rappelé, dans “ Le Monde “ par le politologue Pascal Perrineau (http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/candidats/presidentielle-les-derniers-espoirs-de-nicolas-sarkozy-06-05-2012-1986583.php) : “ Souvent, lorsqu’il y a un sursaut de mobilisation, il bénéficie aux deux camps “. Intéressante analyse, coincée dans un bas de page, comme écrasée par l’adrénaline de la fin de scrutin : “ Une mobilisation différentielle d’un camp par rapport à l’autre peut bien sur avoir lieu confirme-t-il, rappelant l’exemple de 1974

et de Valery Giscard d’Estaing, alors opposé à François Mitterrand. Mais tout de suite après, vient le rappel statistique : “ Le rapport de force, selon les derniers sondages, reste plutôt déséquilibré, avec un François Hollande entre 52 et 53% des voix “.

Le verdict est contenu dans cette phrase. Si Nicolas Sarkozy l’emporte à l’arraché dans ce “ trou de souris “ qu’il évoque encore dans “ Le Monde “, il aura gagné contre le système, contre les médias, contre une partie même de son propre camp. Il faut lire, pour s’en convaincre, le bon portrait écrit sur lui par l’écrivain Eric Neuhoff dans le Journal du dimanche. “ Le dernier défi d’un homme pressé “. “ Il a été l’homme qu’il fallait haïr affirme l’auteur, tandis que son confrère Patrick Besson raconte François Hollande sur la page opposée. “ Il n’a pas vu l’orage venir. Il a eu ses traversées du désert. Il a l’air d’avoir toujours envie d’être ailleurs. La politique lui plait parce qu’elle a le don de le débarrasser des moments d’ennui “. L’ultime ligne droite de la campagne se découpe en arrière-plan : un Nicolas Sarkozy opiniâtre, lancé à corps perdu dans la bataille pour reconquérir le peuple français : “ Dans aucun cas, on aimerait être à sa place “ conclut Eric Neuhoff.

20heures. Le moment qui fait peur. La dernière attente. Là aussi, très bon récit dans le JDD de ces minutes qui font frémir, par les témoins qui étaient, depuis 1974, aux cotés du président élu. Et François Hollande est-on tenté de demander ? Qu’a -t-il fait samedi ? Ou était-il ? Le spectacle d’un Nicolas Sarkozy acharné, une fois encore, lui vole la vedette. “ Le Monde “ répond. Le candidat du PS a continué de faire campagne. Une campagne “ normale “, du moins en apparence. On le voit, samedi, sur un marché de Tulle, en Corrèze. Et soudain, à force de feuilleter la presse, l’on se dit que les journalistes, une fois de trop peut-être, ont déjà pris les devants. Au moins quatre articles sur ces socialistes qui se retrouveront à l’Elysée ou au gouvernement. “ Le Monde “ raconte les femmes qui “ pourraient être ministres “ Le JDD plonge avec ceux “ qui gouverneront avec Hollande “. Le poids du système. Ce système contre lequel Nicolas Sarkozy, justement, ne décolère pas. A plusieurs reprises, la fameuse promotion “ Voltaire “ de l’ENA est évoquée, ce creuset dans lequel François Hollande puisera ses conseillers s’il est élu. Mais avant, il y aura La Bastille, comme en 1981. Avec Yannick Noah. Et si le socialiste est battu ? Ce sera la Concorde, comme en 2007 jure le JDD qui, là aussi, semble avoir tranché. Son récit de la Bastille occupe trois colonnes. Celui des probables

festivités é la Concorde un encadré seulement…

Richard Werly, Paris