Vote massif des Français en Belgique

Alix Hardy

dimanche 06 mai 2012, 16:08

Deux semaines après le premier tour des présidentielles françaises, les Français sont de retour – et encore plus nombreux – au Palais du Heysel, notamment, pour élire leur président. Reportage

A l'entrée, ce dimanche matin, pas encore de file. Les panneaux ont été déplacés, la logistique améliorée. Un panneau géant répartit les électeurs dans les différents bureaux de vote et le personnel consulaire veille au grain. La circulation est fluide alors que sont attendus plus d'électeurs qu'au premier tour. « De manière générale, on a toujours plus de monde lors du second tour », indique Sylvain Berger, Consul général de France à Bruxelles, qui supervise le bon déroulement des opérations. « Lors du premier tour, nous avons connu à Bruxelles un taux de participation de 57 % des inscrits sur les listes électorales, ce qui est une réussite ». Ce taux dépasse la participation moyenne du vote à l'étranger (40 %), ainsi que la moyenne nationale (50 %).

Les résultats du premier tour en Belgique supportent la thèse que les Français de Belgique votent en règle générale plutôt à droite. Selon les résultats diffusés par le Consulat Français, Nicolas Sarkozy caracole en tête du classement avec 34,9 % des voix, loin devant François Hollande qui réunit 25,5 % des suffrages. Si Marine Le Pen est à 7,1 % au niveau national, certaines zones électorales ont connu des scores beaucoup plus hauts pour la candidate FN : elle arrive par exemple en deuxième place derrière Nicolas Sarkozy avec 25,4 % des voix à Mouscron et 22,1 % à Comines.

Au-delà du vote

Un flux continu de votants traverse le palais et s'éparpille selon l'ordre alphabétique. Malgré une saturation médiatique et une campagne de l'entre-deux tours qualifiée de « très show-off, à l'américaine » par certains, plusieurs électeurs affirment considérer leur vote comme « un droit, et même un devoir ».

Certains choisissent même de s'impliquer au – delà de leur vote. Beaucoup de bureaux de votes sont tenus par des volontaires français, qui consacrent leur journée au vote de leurs compatriotes. D'autres endossent le rôle d'assesseur : ils dépouilleront les bulletins de vote à la fermeture des bureaux, de 18 à 20 heures. « C'est une manière de se sentir concerné, de s'impliquer dans l'élection lorsqu'on est à l'étranger », explique Brigitte Roland, qui s'est portée volontaire.« C'est une expérience très formelle, cela permet de se rendre compte que le système électoral est en état de marche. On peut tout voir, les bulletins, le processus, et à la moindre contestation, tout est repris à zéro ! C'est instructif et rassurant ».

Malgré le fort taux d'électeurs attendus ce dimanche, les postes ne sont pas tous remplis, et le personnel consulaire démarche durant la journée les électeurs qui viennent voter.

Ces Français qui fuient la France

Plusieurs réflexions fusent au sujet de « ces Français qui fuient la France » et qui viendraient s'établir en Belgique en cas de victoire de François Hollande. L'idée a même été reprise par Cityplug Bruxelles, un guide web de bonnes adresses bruxelloises, qui a publié avec humour ce vendredi un article à l'intention des Français déboussolés qui débarqueraient en Belgique pour échapper à la fameuse taxe de 75 % promise par François Hollande. Au Heysel, Bruno, 26 ans, l'affirme très sérieusement : « Ils sont déjà plusieurs à vouloir acheter en Belgique, ça ne va pas tarder ».

Quoiqu'il en soit, les résultats du second tour des bureaux du Heysel ne seront disponibles que tard dans la soirée. « Les résultats définitifs du premier tour n'ont été connus qu'à trois heures du matin. Les bureaux à l'étranger donnent toujours leurs résultats plus tard que ceux de la métropole », explique Berger. Le processus sera plus rapide, en raison du nombre de candidats réduits, une chose est sûre : aucune estimation ne filtrera vers la presse belge avant 20 heures pile. « C'est la loi française, et le Consulat français s'y tient naturellement. Les résultats seront transmis directement au ministère », appuie M. Berger.