François Hollande a obtenu 51,62 % des voix

Rédaction en ligne

lundi 07 mai 2012, 11:07

François Hollande a obtenu 51,62 % des suffrages exprimés, contre 48,38 % à Nicolas Sarkozy, selon la totalisation finale des résultats effectuée par le ministère de l’Intérieur, y compris les Français de l’étranger.

Plus de 18 millions de suffrages se sont portés sur le président élu, 16,9 millions sur son prédécesseur et 2,1 millions d’électeurs ont voté blanc ou nul, selon cette totalisation portant sur plus de 46 millions d’inscrits et 37 millions de votants.

Le taux d’abstention est de 19,66 % (contre 20,7 % au premier tour cette année et 16,03 % au second tour de 2007), soit 9 millions de personnes.

Les résultats relatifs aux Français de l’étranger, quelque 1 million d’électeurs, sont arrivés dans la nuit de dimanche à lundi. Ils ont été marqués par une forte abstention, 57,8 %.

« L’austérité ne peut être une fatalité »

François Hollande a notamment réalisé un résultat historique à Paris avec 55,60 %. Dans son fief rural de Tulle, il obtient plus de 75 % des voix.

« Les Français viennent de choisir le changement en me portant à la présidence de la République », a lancé François Hollande devant environ 2.000 partisans réunis sur la place de la cathédrale de Tulle. Après un « salut républicain » à son rival, M. Hollande, l’air grave, s’est dit fier d’avoir été « capable de redonner espoir ». « Est-ce que j’ai fait avancer la cause de l’égalité ? » sera la question à se poser à la fin de son mandat, a expliqué le président élu. « L’Europe nous regarde, l’austérité peut ne plus être une fatalité », a-t-il prévenu.

François Hollande a ensuite rejoint dans la nuit les ténors du Parti socialiste, place de la Bastille, là où avait été célébrée il y a 31 ans l’élection du premier président socialiste français, François Mitterrand. « Je vous ai entendu, j’ai entendu votre volonté de changement, votre force, votre espérance et je vous vous exprimer toute ma gratitude. Merci, merci merci de m’avoir permis d’être votre président de la République », a-t-il déclaré. « Je suis le président de la jeunesse de France ! », a-t-il lancé aux dizaines de milliers de personnes présentes. « Je suis le président de toutes les fiertés de France, le président de la justice en France », a-t-il ajouté.

Vers 2H30, la plupart des partisans de François Hollande avaient quitté la Bastille et le président élu était rentré chez lui dans le quartier Beaugrenelle (XVe).

Sarkozy redevient « un Français parmi les Français »

Premier à réagir, devant ses partisans de La Mutualité, Nicolas Sarkozy a indiqué dans un discours à la tonalité très personnelle avoir eu François Hollande « au téléphone » et lui avoir souhaité « bonne chance ». « Je porte toute la responsabilité de cette défaite (…). Il me faut en tirer toutes les conséquences », a souligné le président sortant, suggérant qu’il se retirait de la vie politique : « Je resterai l’un des vôtres » « mais ma place ne pourra plus être la même (…), mon engagement sera désormais différent ». « Je ne serai plus jamais candidat aux mêmes fonctions », avait-il annoncé plus tôt aux ténors de l’UMP réunis à l’Elysée, selon un ministre.

UMP et PS au coude à coude pour les législatives

Le PS et l’UMP sont au coude à coude pour le premier tour du 10 juin, selon divers sondages. La gauche est créditée de 26 à 35 %, contre 30 à 33 % pour l’UMP. Le FN est estimé à environ 18 %. « Il faut donner une majorité au président de la République », a plaidé François Hollande à la Bastille.

François Hollande a reçu de nombreux messages de félicitations de dirigeants à travers le monde et notamment d’Européens qui ont semblé soudain convertis à son appel à relancer la croissance dans l’Union européenne.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, a ainsi assuré que Berlin et Paris allaient travailler « ensemble à un pacte de croissance pour l’Europe ».

Le chef du gouvernement italien, Mario Monti, a aussi émis le souhait de « collaborer étroitement avec la France » avec pour « objectif une union toujours plus efficace et orientée vers la croissance ».

Barack Obama a également félicité le nouveau président français mais a évoqué d’emblée des « dossiers difficiles » à gérer en commun avec M. Hollande, allusion évidente à l’Afghanistan et à la crise de la dette européenne.

(afp)