Hollande promet d'exercer son mandat « avec dignité et simplicité »

Rédaction en ligne

mardi 15 mai 2012, 15:36

François Hollande est officiellement devenu le 7e président de la Ve République. « Je fixerai les priorités, mais je ne déciderai pas » de tout, « pour tout et partout », a-t-il répété lors de son premier discours.

Hollande promet d'exercer son mandat « avec dignité et simplicité »

AFP

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« Vous incarnez la France »

« Vous devenez aujourd'hui le 7e président de la République (…) Vous incarnez la France » : c'est par ces mots du président du Conseil constitutionnel Jean-Louis Debré, prononcés à 10H44 très précisément, que François Hollande a officiellement accédé à la fonction suprême.

Arrivé à l'Elysée à 10H00, le nouveau chef de l'Etat, costume sombre et cravate bleu foncé, venait alors de raccompagner sur le perron Nicolas Sarkozy, avec lequel il s'était isolé pendant 35 minutes pour échanger des informations confidentielles, dont le mythique « code nucléaire ».

Fait inédit : la nouvelle première dame, Valérie Trierweiler, s'est dans le même temps entretenue en tête-à-tête avec Carla Bruni-Sarkozy. Le couple Sarkozy s'est ensuite rendu à son domicile du XVIe arrondissement de Paris.

Je ne déciderai pas « de tout », « pour tout et partout »

Le discours d'investiture de Hollande

Pour son premier discours à l'Elysée, François Hollande, qui venait de recevoir la grand'Croix de la légion d'honneur, a de son côté voulu adresser un « message de confiance » aux Français, en dépit du « poids des contraintes » de sa charge, à commencer par une « dette massive ». Il s'est d'emblée démarqué de la pratique du pouvoir de son prédécesseur, souvent décrit en « hyper-président » : « Je fixerai les priorités, mais je ne déciderai pas » de tout, « pour tout et partout », a-t-il répété, sous les yeux, entre autres, d'anciens Premiers ministres socialistes. « Le pouvoir sera exercé au sommet de l'Etat avec dignité et simplicité », a promis le nouveau président, soulignant que la France avait besoin « d'apaisement, de réconciliation » et d'un Etat « impartial ».

Quelques heures avant une première rencontre avec la chancelière Angela Merkel, François Hollande a aussi dit vouloir ouvrir « une voie nouvelle en Europe » et signalé la « nécessité » d'une « réciprocité » dans les échanges commerciaux de l'Union européenne avec l'extérieur.

21 coups de canon

Après avoir reçu les honneurs militaires, sous la pluie, dans le jardin de l'Elysée, le nouveau président s'est rendu dans la salle des fêtes saluer les invités : corps constitués (dont les présidents du Sénat et de l'Assemblée), le doyen du corps diplomatique, des représentants des partenaires sociaux et une « trentaine » d'invités personnels, d'après son entourage. Devant l'Hôtel des Invalides, 21 coups de canon (à blanc) ont été tirés.

Douche froide sur les Champs-Elysées

Au terme de cette séquence élyséenne, François Hollande a entamé, sous une pluie battante, vers 11H45, une remontée des Champs-Elysées dans une Citroën DS5 décapotable, encadré de motards de la Garde républicaine. Devant un public clairsemé, lui-même détrempé par l'averse, il a rendu hommage au Soldat inconnu à l'Arc de Triomphe.

De retour à l'Elysée, M. Hollande a déjeuné dans le Salon des Portraits avec les anciens chefs de gouvernement socialistes mais aussi le président PS du Sénat, Jean-Pierre Bel, et Yvette Roudy, qui fut ministre des Droits de la Femme sous François Mitterrand.

Hommage à Ferry et Curie

Prenant le temps d'un bain de foule impromptu à sa sortie, M. Hollande a alors rejoint les Tuileries, où il a donné le ton de son hommage à Jules Ferry, ce « grand ministre de l'instruction publique » qui a commis une « faute morale et politique » en défendant la colonisation.

Il a tenu à faire valoir sa vision de l'école, « qui ne connaît comme critère de distinction que le mérite, le travail, l'effort ». « L'école, c'est l'arme de la justice, c'est l'arme de l'égalité républicaine (…). Voilà pourquoi j'ai décidé que priorité sera accordée aux écoles des quartiers populaires, ainsi qu'à celles de certaines zones rurales », a-t-il clamé.

François Hollande a ensuite rendu hommage à Marie Curie. Il était ensuite attendu à l'Hôtel de Ville de Paris.

Ayrault Premier ministre

A l'issue de cette cérémonie, le nouveau secrétaire général de l'Elysée annoncera le nom du Premier ministre. Jean-Pierre Jouyet, président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) et très proche de François Hollande, a vendu la mèche mardi matin, avant de le regretter, en révélant que M. Ayrault, député-maire PS de Nantes, allait être nommé à Matignon. Qui est Jean-Marc Ayrault, futur Premier minister de François Hollande ? Par Joëlle Meskens

Pourquoi Jean-Marc Ayrault a-t-il été préféré ?

(CLDD, avec afp)