Les Français de Belgique aux urnes

Rédaction en ligne

dimanche 03 juin 2012, 11:03

Une semaine avant la métropole, les Français de l’étranger – et donc de Belgique – sont invités à voter pour le premier tour des législatives, un mois après l’élection à l’Elysée de François Hollande.

Premiers à voter des quelque 1,1 million d’électeurs expatriés, ceux de la 1ère circonscription (Etats-Unis, Canada) où 18 candidats, dont l’ancien secrétaire d’État UMP, Frédéric Lefebvre, se disputent leurs suffrages.

Que cela soit aux Etats-Unis, au Canada ou au Brésil, une constante samedi : la maigre affluence. À 08H30 locales dans les bureaux de vote 03 et 04 installés dans le gymnase de l’école élémentaire du lycée français Rochambeau à Chevy Chase (Maryland, est), dans la banlieue de Washington, seuls quatre électeurs avaient voté. Lors des deux tours de la présidentielle, des files d’attente s’étaient formées dès 8 heures.

À Rio, une demi-douzaine de personnes étaient présentes dans le bureau de vote installé au consulat de France. L’Amérique centrale et du Sud constitue la 2e circonscription de l’étranger.

Les Français de Montréal, qui abrite la plus forte communauté francophone d’Amérique du nord, avec 44.000 électeurs inscrits, étaient également peu nombreux samedi matin.

Pourtant, cette année, pour la première fois, les expatriés peuvent élire leurs députés, au nombre de 11 dans la nouvelle Assemblée nationale. Jusqu’à présent, ils n’avaient que des sénateurs pour les représenter spécifiquement au Parlement.

Autre innovation, la possibilité de voter par internet. Près de 130.000 d’entre eux ont participé, entre le 23 et le 29 mai, à ce premier scrutin numérique organisé en France pour une consultation nationale.

700.000 électeurs avaient renvoyé aux autorités leur adresse e-mail pour voter numériquement, mais compte tenu du fait qu’environ 10 % des adresses n’étaient pas valides, ce sont un peu plus de 600.000 électeurs qui pouvaient finalement participer au scrutin par internet.

Les résultats de ce vote numérique ne seront connus qu’une fois que l’ensemble des Français de l’étranger auront voté. Il sera possible alors de tenter d’apprécier s’il a favorisé la participation, en gommant l’obstacle de la distance, d’une population qui a boudé les urnes près de trois fois plus que les autres Français au second tour de la présidentielle : 57,8 % d’abstention contre 19,6 %.

Le scrutin par internet (différent du vote avec des machines à voter électroniques, assez courant en France comme à l’étranger) n’est utilisé en Europe pour l’ensemble du corps électoral que par un seul pays, l’Estonie, où un quart des votants (15 % des électeurs inscrits) ont voté de cette façon lors d’élections législatives en mars 2011.

Aux Etats-Unis, pratiqué par certains états et réclamé par un nombre croissant d’électeurs, il suscite toujours les doutes de beaucoup experts, qui s’inquiètent des risques de piratage.

« Je m’amuse avec internet mais quand il s’agit de vérifier un compte bancaire ou de voter, je préfère me déplacer. On se sent bien plus participatif quand on va au consulat et que l’on fait son devoir », a assuré Claude Fondeville, 66 ans, un consultant à la retraité installé depuis 1951 à Rio.

Les résultats du scrutin ne sont pas attendus avant lundi soir.

Au total, 178 candidats se disputent les 11 nouveaux sièges de députés des Français de l’étranger. La 11e circonscription est la plus étendue. Elle regroupe 50 pays dont la Russie, la Chine, la Nouvelle-Zélande et une partie de l’Asie.

Dans toutes ces circonscriptions, Nicolas Sarkozy est arrivé en tête au second tour de la présidentielle (52,3 % à 62,91 %, selon les zones).

Aux Français de l’étranger s’ajoutent les Polynésiens. Quelque 174.600 électeurs doivent y élire leurs 3 députés.

La dispersion des 227 bureaux votes sur une surface équivalente à celle de l’Europe dans l’océan Pacifique, rend les opérations de vote complexes à organiser : dans certaines îles, il a fallu ainsi larguer la propagande électorale par avion.

(D’après AFP)