Hollande tout près d'une majorité absolue avec 46,3%

Rédaction en ligne

dimanche 10 juin 2012, 23:18

La gauche a gagné un large avantage sur l'UMP et ses alliés au premier tour des législatives. Le PS et Hollande se rapprochent ainsi de la majorité à l'Assemblée. Les socialistes appellent les Français à leur donner les moyens « pour le changement ».

Le premier tour des législatives en France a pris des allures de scrutin de confirmation cinq semaines après la présidentielle, il s'est déroulé sans surprises. François Hollande n'est pas encore assuré de disposer la semaine prochaine d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale, avec le seul parti socialiste. Mais sans pour autant prendre l'allure d'une « vague rose », le scénario qui se dégage de la première manche des législatives a de quoi rendre l'Elysée optimiste.

Des résultats qui sonnent comme une confirmation

Mieux pour le nouveau président de la République, qui avait appelé ces derniers jours les Français à lui donner les moyens de son action : le total des voix de gauche (le PS et ses alliés) atteint 46,3 % selon les premières estimations. Celui du bloc de droite s'établit à 33,9 %. Le Front national obtient 14 % (contre 18 % pour Marine Le Pen à la présidentielle) et le MoDem plafonne à 1,5 %. A l'intérieur de ces blocs, le PS frôle les 35 %, le Front de gauche est pointé à 6,9 % et les Verts obtiennent 5,3 %. L'UMP, avec près de 34 %, reste avec le PS le premier parti de France mais faute d'alliés autres que le Nouveau Centre, ce parti voit s'éloigner son espoir de rééquilibrer le pouvoir.

Ayrault appelle les électeurs « au changement » dimanche

En projections en sièges, le PS peut caresser l'espoir de disposer d'une majorité absolue. Les socialistes et leurs alliés divers à gauche obtiendraient en effet entre 283 à 319 sièges sur les 577 que compte l'hémicycle. Or il faut 289 sièges pour disposer de la majorité absolue. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, auréolé d'une victoire personnelle dès le premier tour de sa circonscription de Loire-Atlantique, a appelé dimanche soir à amplifier ce mouvement la semaine prochaine pour obtenir une « majorité large, solide et cohérente », faute de quoi « le redressement du pays ne pourrait se faire dans la justice » et « la voix de la France serait affaiblie dans le monde ».

Si le deuxième tour confirme la tendance la semaine prochaine, les socialistes n'auraient besoin, au pire, que du soutien des écologistes qui obtiendraient de 8 à 14 sièges. La gauche sociale-démocrate pourrait alors se passer du turbulent Front de gauche, à qui l'on prête 14 à 20 sièges. Ce serait une sérieuse épine hors du pied pour le locataire de l'Elysée lorsqu'il s'agira de mettre en œuvre sa politique sociale.

Déception au Front de gauche

Pour le parti de Jean-Luc Mélenchon, c'est une double déception. Non seulement il voit s'éloigner l'espoir d'aiguillonner la majorité en l'obligeant à mettre plus de rouge vif dans sa politique, mais il essuie aussi un échec personnel à Hénin-Beaumont où le bouillant eurodéputé s'incline dès le premier tour. Le second se jouera entre la présidente du Front national, Marine Le Pen, arrivée largement en tête, et le candidat socialiste Philippe Kémel. Jean-Luc Mélenchon a dû se résoudre à se désister le « cœur paisible », mais la déception est amère pour celui qui rêvait d'une revanche après la présidentielle où il avait déjà échoué à battre l'extrême droite (lire par ailleurs).

Le FN, « la troisième force du pays »

Bien qu'en retrait par rapport à la présidentielle, le FN se félicite de rester la troisième force du pays. L'extrême droite, malgré la faible participation qui la défavorisait (la règle électorale oblige à dépasser 12,5 % des électeurs inscrits pour passer le cap du premier tour), est en mesure de se maintenir dans 55 à 65 circonscriptions, dont 25 à 35 en triangulaires. Le FN tend ainsi un piège à la droite classique. Dès ce lundi, l'UMP devra choisir : appeler à un barrage républicain contre l'extrême droite ou renvoyer PS et FN dos à dos. Un dilemme qui risque d'écarteler l'ancien parti de Nicolas Sarkozy. Pour l'heure, l'état-major se contente de refuser toute alliance avec le FN, mais sans appeler à voter pour la gauche…

P.VA. avec Joëlle Meskens