Législatives : « L’UMP prépare une alliance stratégique avec le FN »

Rédaction en ligne

mardi 12 juin 2012, 21:13

Les ténors du PS dont le Premier ministre Jean-Marc Ayrault estiment que la droite se préparait à conclure « une alliance » et à rompre le cordon sanitaire instauré de longue date autour du Front national.

Législatives : « L’UMP prépare une alliance stratégique avec le FN »

François Hollande et Jean-Marc Ayrault © AFP

Jean-Marc Ayrault a dénoncé la stratégie du « ni-ni » érigée par l’UMP pour le second tour des législatives. Au lendemain de la décision, sans surprise, prise par l’UMP d’en rester à la stratégie dite du « ni-ni » (ni FN, ni Front républicain), les critiques à gauche sont allées crescendo, d’Arnaud Montebourg à Ayrault. En déplacement dans les Hauts-de-Seine, le Premier ministre a dit vouloir « éclairer les Français » sur les véritables « intentions de l’UMP ».

« Je pense que l’UMP est en train de préparer une alliance stratégique avec le Front national. Alors, bien sûr, ils y vont par petites touches, mais ce ’ni-ni’ c’est une rupture avec ce qui s’est passé depuis très longtemps », a-t-il fustigé. Alors que Jacques Chirac n’avait « pas transigé avec cela » -le PS n’hésitant pas en échange à voter pour l’ancien président en 2002 –, Jean-Marc Ayrault a reproché à l’UMP de « lâcher » sur ces principes « depuis cinq ans ».

« L’UMP est en train de franchir un cap »

« Je crois que c’était en marche avec Nicolas Sarkozy mais là l’UMP est en train de franchir un cap », a-t-il ajouté, avant d’adresser « un message à ceux qui n’ont pas voté pour François Hollande le 6 mai mais qui sont attachés à la République (…) et qui savent que la République est au-dessus de tout ». « Je leur dis : ’vous avez l’occasion de dire non à cette dérive qui est en marche’ », dimanche, lors du second tour des législatives, a clamé Ayrault.

Aubry vise Sarkozy

Au retour d’un déplacement à La Rochelle pour soutenir Ségolène Royal, la première secrétaire du PS Martine Aubry a tenu des propos similaires. « Ce qui est grave aujourd’hui, ce sont les passerelles que l’UMP met de manière de plus en plus claire, nette, avec le Front national », a déclaré Aubry.

Là où Jacques Chirac « avait mis des digues avec le Front national », « Nicolas Sarkozy a mis des passerelles », « et ce qui se passe depuis le comité politique de l’UMP hier, qui ne choisit pas entre le Front national et le Parti socialiste, est extrêmement grave », a enchaîné la maire de Lille.

Dans le collimateur de Martine Aubry, le candidat UMP des Bouches-du-Rhône Roland Chassain, qui s’est exprimé auprès de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute et « a retiré sa candidature pour soutenir le Front national contre Michel Vauzelle ». Mais aussi l’ancienne ministre Nadine Morano, qui en appelle « aux voix du Front national » dans ce même journal, lequel, aux yeux de la maire de Lille, « devient le journal officiel de l’UMP ».

« Nous sommes seuls aujourd’hui à défendre la République », a-t-elle asséné. « L’extrême droite avance dans l’UMP comme dans un gruyère », a estimé de son côté le numéro 2 du PS Harlem Désir. Plus tôt, le ministre Arnaud Montebourg (Redressement productif) avait déjà affirmé que l’UMP était « sans le dire » dans une stratégie de recherche d’alliance.

(avec AFP)