Rudy Ricciotti signe le nouveau musée liégeois

JOEL MATRICHE

mardi 29 juin 2010, 11:11

C’est à un tandem constitué du bureau liégeois PHD, à qui l’on doit notamment la rénovation du Grand Curtius, et de l’architecte provençal Rudy Ricciotti – musée des Civilisations de Marseille, département des arts islamiques du Louvre, etc. – que la Ville de Liège a choisi de confier la transformation du vieillissant musée d’Art moderne et d’Art contemporain (Mamac) en un ambitieux centre international d’Art et de Culture (Ciac). La rénovation et l’agrandissement de l’actuel musée, hérité de l’Exposition universelle qui eut lieu en 1905 sur le bucolique site de la Boverie, devraient être achevés en juin 2014. L’intervention (40 % du budget global de 23,5 millions d’euros) du Feder (Fonds européen de développement régional) impose aux maîtres d’ouvrage de transmettre la comptabilité du chantier à l’Europe dans le courant de 2015.

Au-delà d’une profonde réfection du Mamac, le projet tire surtout sa singularité du prolongement de l’actuel musée par un parallélépipède de verre et de béton, offrant aux visiteurs une vue inédite sur un des bras de la Meuse et sur la rive droite du fleuve. Pour éviter que la lumière du soleil inonde trop généreusement la principale salle d’exposition et contrarie la bonne conservation des œuvres, deux des façades vitrées de cette extension (l’une orientée au nord, l’autre au sud) seront partiellement occultées par des persiennes de béton. La façade orientale, elle, permettra aux promeneurs de quitter provisoirement le musée et de reprendre leurs esprits sur des gradins aménagés au-dessus des berges : « Il doit rester possible de tourner le dos à la culture », s’amuse ainsi Rudy Ricciotti. Exempte de « démonstration technologique », malgré sa toiture plane en béton fibré, l’extension se veut « courtoise » et « respectueuse du site ».

S’il était initialement prévu que 600.000 visiteurs poussent annuellement les portes du nouveau musée, les ambitions communales ont depuis été réduites de moitié. Mais la programmation du futur Ciac et la réponse aux problèmes de mobilité que cet afflux espéré de visiteurs laisse augurer restent encore inconnues.