Le Salon Seafood s’amarre à Bruxelles

FRANCOIS ROBERT ET BERNARD PADOAN

jeudi 05 mai 2011, 11:52

Dans le métro bruxellois, ils étaient coincés comme des sardines. Et c’est en banc qu’à la sortie de la station Heysel, ce mardi matin, ils se sont dirigés vers les palais de Brussels Expo. « Ils » (et elles), ce sont les participants à la 19e édition du European Seafood Exposition, le plus grand Salon mondial consacré aux produits de la mer, qui se tient jusqu’au 5 mai à Bruxelles. Mary Larkin, vice-présidente de Seafood Exposition, rappelle qu’en 1993, lors de la première édition, le salon n’occupait « qu’un demi-hall du Heysel. Aujourd’hui, il y a près de 1.600 exposants venant de 80 pays dans le monde, explique-t-elle. Et nous attendons 25.000 personnes. »

Il faut dire que le secteur de la pêche et surtout de l’aquaculture, pèse lourd. Selon le dernier rapport le FAO, l’organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la consommation totale de poissons et de fruits de mer dans le monde devrait atteindre 117,8 millions de tonnes en 2009. Ceci alors que les océans se vident de leurs réserves à toute allure. « L’un des enjeux majeurs, c’est l’offre », reconnaît Mary Larkin, qui épingle la forte croissance de la consommation de produits de la mer en Asie, « parallèlement à l’émergence d’une classe moyenne. D’où l’importance de l’aquaculture ». La FAO note d’ailleurs que celle-ci fournit déjà près de la moitié de la quantité de poissons qui sont mangés par l’homme (55,1 millions de tonnes), représentant un marché de près de 100 milliards de dollars. Un marché trusté par les producteurs asiatiques qui fournit 89 % de la production aquacole, et singulièrement la Chine (62 % à elle toute seule).

Les opérateurs non asiatiques doivent dès lors se positionner sur des niches très précises pour tenter de tirer leur épingle du jeu. C’est notamment le cas des producteurs de poissons et fruits de mer « bio », de plus en plus présents au Seafood. Comme la société équatorienne Langosmar, située près de Guayaquil, qui produit des crevettes biologiques. « Nous élevons les crevettes dans des bassins naturels, sans apports de nourriture, ni de produits chimiques, ni d’antibiotiques, confie Alejandro Aguayo Durini, le patron de Langosmar. Nous préservons la mangrove, avec une basse densité de production : 1.000 crevettes à l’hectare contre 25.000 dans les élevages asiatiques ». Une qualité qui a un prix : 120 euros le kilo pour les crevettes biologiques. Tout de même…

Repères

Bruxelles, terre de congrès

Depuis ce lundi jusqu’à ce jeudi, à peu près tous les hôtels bruxellois affichent complet. Les prix grimpent et on refuse du monde. L’effet « Seafood » (25.000 visiteurs, tous professionnels) fonctionne à plein. En fait, avec le Salon de Boston, Bruxelles est le plus important rendez-vous international en la matière. Ce n’est guère étonnant : profitant de son statut de capitale européenne et de sa situation géographique, Bruxelles occupe une place très enviable, rappelle Patrick Bontinck, directeur de Visit Brussels. En 2009, selon l’Union des associations internationales (UAI), Bruxelles a accueilli 402 réunions, se plaçant au second rang mondial derrière Singapour (746) mais devant Paris et Vienne. Bruxelles a d’autres ambitions et cherche à attirer d’autres grands Salons internationaux. On songe à Wind Energie et au World Parliament of Religions, prévu en 2014 et qui devraient réunir 10.000 participants. (F.R.)