Séjour minceur à Auschwitz : la pub qui choque

ANNE-SOPHIE LEURQUIN

lundi 09 janvier 2012, 13:20

Un club de gym de Dubaï avait exploité une photo du camp d'Auschwitz avec le slogan « Dites au revoir à vos calories ». Bad buzz.

Séjour minceur à Auschwitz : la pub qui choque

Dans la course au buzz, les publicitaires peuvent aller trop loin. Un club de gym de Dubaï, The Circuit Factory, a lancé toute une campagne provoc. On y voit notamment deux femmes en burqa, identiques, avec comme légende « avant »/« après ». Le pas trop loin a été franchi avec l'exploitation de la photo de l'entrée du camp d'Auschwitz, sous-titrée « Kiss your calories goodbye » (dites au revoir à vos calories). Une autre photo montre des Juifs entassés dans une cellule, dont l'un est debout, les côtes saillantes, avec comme slogan « Fat free for summer » (« L'été sans graisse »).

Les réactions outrées ne se sont pas fait attendre. Sur Twitter notamment. Le 3 janvier, Alison Lehr relayait l'info avec comme tweet « apparemment, The circuit factory a perdu la tête en essayant de perdre du poids ». Le club de gym a présenté ses excuses sur Twitter (« Apologizes for the insane poster campaign that was put up this morning ») et retiré la photo. Ce 9 janvier, il annonçait avoir fait une donation de 1061 dollars au Mémorial de l'Holocauste.

L'affaire a fait grand bruit et ce geste n'efface pas moins les maladresses des responsables du club de gym, empêtrés dans ce bad buzz, qui ont déclaré pour se justifier que la salle de sport était « une sorte de camp de concentration pour les calories ».

« L'idée de cette campagne n'était pas de bouleverser tout le monde. En fait, vous voulez que les gens parlent de votre entreprise. Nous voulons qu'ils parlent de nous mais pas qu'ils le prennent mal. », ont-ils avancé. Comme l'avait expérimenté le Vatican, qui avait demandé que soit retirée la pub Benetton montrant le pape embrasser à pleine bouche un imam, le net laisse néanmoins des traces quand les réseaux sociaux et les sites s'emparent d'un sujet… Le mal est pourtant fait.