Oh my God !

Marie-Noëlle Vekemans

mercredi 22 février 2012, 14:18

A l'occasion de la sortie du film “ Hysteria “, qui relate l'invention du premier vibromasseur de l'Histoire, Styles s'est intéressé d'un peu plus près à l'évolution des sextoys.

Pour beaucoup de monde, qui dit sextoys dit forcément sexshops.

Et l'idée d'un petit tour dans ce type de magasins refroidit certain-e-s d'entre vous. “ Glauque “, “ trash “, “ stigmatisant “, “ vulgaire “ sont autant d'arguments avancés pour éviter ces endroits.

Or sachez, qu'il est également possible de se procurer un jouet sexuel dans un loveshop.

L'idée du loveshop est née dans l'esprit de Charlotte Ledent, fondatrice d'Evaluna, à la fin de ses études en sexologie. “ Je voulais créer un endroit où l'on parlerait de la sexualité de l'individu mais aussi d'amour et de bien-être “ explique la jeune femme.

Chez Evaluna, on vend des sextoys bien-sûr mais pas seulement.

Lingerie, bougies, huiles de massage, livres érotiques, … toute une série d'articles, sélectionnés avec soin, sont exposés dans une ambiance cosy voire conviviale.

Ouverte en journée, dans un quartier branché et commerçant, la boutique est loin des clichés véhiculés par l'industrie du sexe. Depuis 2004, le concept proposé par Charlotte Ledent rencontre un succès grandissant, tant auprès des femmes que des hommes.

La petite histoire du vibromasseur

Dans la comédie romantique de Tanya Wexler, “ Hysteria “, le premier vibromasseur de l'Histoire ressemble à un grand plumeau fonctionnant à l'électricité. Au point de vue de l'ergonomie et de l'hygiène, on a déjà connu mieux.

Aujourd'hui, les jouets sexuels n'ont plus rien à voir avec cela explique Charlotte Ledent : “ Depuis l'ouverture du magasin, j'ai déjà constaté une forte évolution des tendances en matière de sextoys. Ce qui a vraiment changé c'est que les fabricants ont commencé à s'intéresser au plaisir de la femme.

L'industrie a pris conscience que la femme est un être avec des besoins et des envies spécifiques… mais aussi avec un fort potentiel d'achat.

Désormais, les jouets sexuels évoluent avec les nouvelles technologies. Mais il n'en a pas toujours été ainsi ! A une époque, certains godemichés étaient en … pierre.

Auparavant, la conception des sextoys était fortement guidée par l'industrie de la pornographie. Les produits étaient fabriqués en masse, avec des matériaux de mauvaise qualité et dans des formats tout à fait disproportionnés “ raconte Charlotte Ledent.

Trop grand, pas ergonomique, non hypoallergénique, le vibromasseur n'a, semble-t-il, pas toujours été un objet de plaisir. “ Le confort n'était pas vraiment pris en compte, or c'est évidemment un aspect tout à fait essentiel de ce genre d'articles “ continue la sexologue.

Aujourd'hui, des sextoys, il en existe pour tous les goûts. Décliné en différentes tailles, formes et matières, l'objet peut être réaliste, ludique voire même design.

Le sextoy dans l'air du temps

Outre l'amélioration de la technologie, le modèle du vibromasseur varie aussi selon l'évolution des mœurs. S'il n'est plus tabou en 2012 de pousser la porte d'un loveshop, pour certaines personnes parler de sexualité n'est toujours pas anodin.

A une période, on a vendu beaucoup de vibros en forme d'animaux et aux couleurs flashy. Ils avaient un côté comique et ludique. Une façon de dédramatiser l'objet et d'adoucir l'image du sextoy inspiré du porno “ confie la créatrice d'Evaluna.

Si certain-e-s cachent toujours leurs jouets dans une valise au fond de leur armoire, d'autres le glissent simplement dans le tiroir de leur table de nuit, entre les mouchoirs et le roman du moment.

Actuellement, la tendance est au retour à la réalité, tant dans les formes que les coloris.

Quelques personnes passent également la porte de la boutique … sur conseil de leur gynécologue ou de leur médecin traitant. Les boules de Geisha, par exemple, constituent un outil thérapeutique efficace pour lutter contre l'incontinence urinaire, qui peut survenir après un accouchement, en remusclant la paroi utérine.

Une clientèle hétéroclite

Notre clientèle se compose en majorité de personnes âgées de 30 et 50 ans “ confie Charlotte Ledent, “ même si j'en ai déjà eu de 80 ans qui sont venues nous voir en déclarant qu'elles avaient attendu ce genre de magasins toute leur vie “.

Hommes et femmes, de tous âges et de tous milieux sociaux franchissent la porte d'Evaluna.

Et si certains n'utilisent pas d'accessoires pour atteindre la satisfaction sexuelle d'autres n'imaginent plus faire l'amour sans ces petits joujous extras.

Avec mon copain, on s'offre des sextoys à l'occasion. Cela rajoute du piment à nos ébats. On expérimente de nouvelles choses, de nouvelles sensations et c'est vraiment super “ confie Laura, 26 ans.

Faire l'amour avec ou sans sextoys ? C'est à vous de décider … à vous de jouer !