5 bonnes raisons de voir la biennale "Photographie et architecture"
mardi 17 avril 2012, 12:37
La biennale organisée par la Faculté d'architecture La Cambre-Horta de l'ULB présente des photographes qui captent le quotidien à leur manière, singulière. Avec un réalisme critique, qui s'exprime ici dans des contextes architecturaux, spatiaux, urbains. Zoom avec Marc Mawet, commissaire.
Le parking, Jean-Christophe Béchet
Par Catherine Callico. Photos DR. Paru dans Victoire le 14/04/2012.
Repères
Photographie et architecture Les espaces du quotidien, jusqu'au 13/05, tous les jours sauf les lundis, de 11 h à 18 h, Espace architecture La Cambre-Horta, 19 bis place Flagey, 1050 Bruxelles,
www.archi.ulb.ac.be/_biphot 1. Ambiguïté Comment se conçoit le hall d'entrée, ce lieu de passage obligé pour tous les habitants de l'immeuble ? Tout participe ici d'une esthétique appuyée. Avons-nous pénétré dans une galerie d'art ou dans le hall d'un immeuble ? La prise de vue choisie accentue cette ambiguïté : cadrage isolant les formes pour elles-mêmes, mais traversé d'obliques dynamisant les différents éléments en groupe solidaire.
2. Paradoxe La question du quotidien est recentrée autour du monde du travail et du bureau. Le travail, qui est le noeud central de l'organisation de notre société depuis des siècles, se voit complètement reconfiguré par les dérégulations d'un système néolibéral débridé. Dans les décors paradoxaux de Zoé Van der Haegen, le fonctionnel prend avec courtoisie des accents oniriques en glissant du bizarre à l'absurde.
3. Abstraction La sélection s'est ici portée sur les photographies abstraites de Bernard Baines. Son regard aiguisé et méthodique l'amène à l'essentiel de l'équilibre du cadrage, à la justesse des associations de couleurs et de matières dans un mode opératoire où la sélection est chirurgicale, à la perfection qui organise la matière dionysiaque en abstraction prométhéenne. Son travail est une sorte de mise en abyme.
4. Intrigue Dans un premier temps, le photographe capte des représentations d'espaces d'une familière banalité. Il extrait ensuite des éléments issus de cette même réalité quotidienne, en l'occurrence ici des fenêtres, qu'il insère avec subtilité dans les premières images. Le photomontage ne propose pas un contraste de première évidence. Mais le jeu d'interférences induit par la recomposition attire notre regard.
5. Spéculation Une cour d'un immeuble haussmannien photographiée d'en haut. Toujours la même. Et puis des voitures qui racontent une autre ville, une autre manière de la vivre. Chaque matin, Jean-Christophe Béchet ouvre ses volets en se demandant si les deux situations manquantes à sa collection apparaîtront un jour ou si une autre voiture redistribuera les cartes dans cette pure spéculation du quotidien. Il les ouvre avec avidité. À ce jour, le projet est toujours en cours.