Raf Simons fait la différence chez Dior

Rédaction en ligne

mardi 03 juillet 2012, 11:12

Pour son premier défilé chez Dior, le styliste a choisi d’apporter un vent nouveau tout en restant fidèle à l’esprit maison.

Robes fendues sur pantalon, manteaux en astrakhan bleu vif et une certaine austérité… dans l’opulence : le premier défilé haute couture pour Dior de son nouveau styliste, Raf Simons, tranche, mais s’efforce de rester fidèle à l’esprit maison.

C’était l’ambiance des grands jours lundi. Joie retrouvée et changement de décor pour les débuts de « Raf », loin du musée Rodin habituel : des magnums de champagne accueillent les invités dont de nombreuses stars, dans un hôtel particulier à vendre.

Un million de fleurs, toujours selon cette source, tapissent les murs de salons contigus, roses bien sûr chez Dior, mais aussi du bleu ou des orchidées blanches. Les grandes rédactrices de mode sont là, mais aussi plusieurs couturiers : Marc Jacobs de Vuitton, Alber Elbaz (Lanvin) et Pierre Cardin, 90 ans, qui a travaillé avec le fondateur de la maison.

La première collection d’un styliste pour une vénérable maison relève forcément du numéro d’équilibriste : il faut respecter tout en réinventant les codes établis. À l’opposé de John Galliano à la flamboyance baroque, mis à pied en mars 2011, le Belge néerlandophone Raf Simons, 44 ans, d’abord spécialiste de la mode masculine, est connu pour son exigence minimaliste, sa rigueur et son esprit d’avant-garde.

Difficile à concilier avec l’élégance parisienne de Dior ? Pas forcément, s’est-il évertué à démontrer lundi.

« Monsieur Dior était l’architecte du vêtement par excellence, explique Raf Simons. Il construisait ses modèles d’une perfection absolue mais venait souvent y ajouter un détail qui visait à rompre cette perfection : il donnait ainsi à ses vêtements un supplément d’âme qui permettait à celles qui les portaient de se les approprier. C’est à cet incroyable sens du geste, du détail, que l’on peut comprendre l’amour qu’il portait aux femmes », note le couturier en quête d’épure architecturale.

Le nouveau directeur artistique de la maison, qui succède à l’excentrique John Galliano, a une idée très précise du métier de couturier. « La couture n’est pas seulement une question de nouveauté dans la façon d’aborder la silhouette, l’attitude ou la couleur, affirme-t-il. Il s’agit aussi de trouver de nouvelles formes de travail avec l’ensemble de l’industrie de la couture, la considérer comme un tout et l’emmener vers de nouvelles directions. C’est une industrie bien établie où le savoir-faire des artisans est au-delà de toute comparaison, mais il ne s’agit plus uniquement aujourd’hui d’atteindre la perfection avec un satin duchesse, une soie ou un tulle particulier. Il faut aller plus loin en imaginant avec eux de nouvelles techniques de fabrication et la nouvelle couture qui va avec ».

D’après Julie Huon à Paris et AFP