Fait-on plus l'amour quand il fait chaud ? / Do we make love more often when it's hot ?

Rédaction en ligne

vendredi 27 juillet 2012, 15:33

Dans l'imaginaire collectif, chaleur torride rime avec sexe. Mais si la touffeur semble le terreau fertile des relations sexuelles, l'alchimie est loin d'être aussi simple.

Fait-on plus l'amour quand il fait chaud ? / Do we make love more often when it's hot ?

L’amour dure trois ans ©DR

Radio Londres : Do we make love more often when it's hot?

Du « Sex on the beach » au « Sex in the summer », films, clips et chansons remixent chaque année les mêmes images. La touffeur, les corps dénudés : le cocktail parfait pour une partie de jambes en l'air. Et pourtant les choses sont loin d'être aussi simples dans la réalité.

La chaleur et sexe, une variable géographique

Le taux de natalité saisonnier est l'une des pistes pour étudier l'intensité de l'activité sexuelle. Dans les zones de climat tropical et méridional, le taux de natalité en chute au printemps- soit 8 à 9 mois après l'été- semble écarter le facteur chaleur comme booster sexuel.

Deux hypothèses sont généralement avancées : la qualité du sperme étant affectée par la chaleur, peu de bébés viendraient au monde suite à une partie de jambe en l'air estivale. Pour d'autres chercheurs cependant, c'est la libido elle-même qui pourrait être atteinte.

C'est ce qu'affirme une étude du département de médecine et de chimie clinique de l'université de Nord-Norvège, qui révèle le déclin du niveau manifeste de testostérone en été chez les sujets étudiés pendant les périodes les plus chaudes.

De fait, le facteur géographique est déterminant pour comprendre l'impact de la chaleur sur nos échanges. 35 Cº ne sont pas supportés de la même manière de part et d'autre de l'équateur.

Dans les climats du nord, le taux de natalité explosant au printemps rappelle aux futurs parents ces heures d'été fertiles à la procréation.

Pourtant, la délicate équation associant chaleur et sexe ne saurait suffire pour expliquer le phénomène d'intensité sexuelle pendant la période estivale.

Point de savante alchimie ou d'hormones bouillonnant sous les chaleurs du mois d'août. La moindre activité sexuelle de certaines populations du sud en été semble au contraire démontrer la futile simplicité de la corrélation « sexe-farenheit ».

L'été et ses rencontres… le facteur psychosocial.

L'été et les vacances et ses beaux jours poussent hommes et femmes dehors. Sur les quais animés, les plages, les terrasses, la disponibilité des uns et des autres favorise les rencontres.

Et si c'était notre humeur plus que notre corps qui s'inclinait sous l'effet des degrés ? C'est ce qu'indique l'article du chercheur Matthieu Vess publié dans la revue Psychological Science qui souligne l'association spontanée que nous faisons entre chaleur et promiscuité. Une reformulation scientifique des vieux adages concédant aux « gens du sud » la bonne humeur et à ceux du nord la fraîcheur du tempérament ?

S'il faut se prémunir de toute caricature culturaliste associant moeurs et températures, de la chimie à la sociologie, l'histoire des sciences nous rappelle la fascination que nourrit l'influence du climat sur nos corps.

En 1897, Emile Durkheim ne suggérait-il pas l'influence de la température sur nos pulsions suicidaires ? Après lui, Marcel Mauss s'est attaché à démontrer l'influence du froid dans le comportement de « communisme sexuel » des populations inuites.

Alicia Bourabaa (st.)