Au salon de Pékin rien n'est trop beau pour séduire les Chinois

STEPHANE LEMERET, ;STAGIAIRE

vendredi 27 avril 2012, 10:21

Le Salon vient d'ouvrir ses portes, il se tient jusqu'au 2 mai. Les constructeurs européens y tiennent la vedette. Des dizaines de premières mondiales sont présentées, surtout des prototypes.

 Au salon de Pékin rien n'est trop beau pour séduire les Chinois

BMW i8 Spyder Photo : DR

Katia Melua chantait « Nine million bicycles in Beijing ». A peine sept ans plus tard, ce seraient plutôt 9 millions de voitures qui paralysent la capitale chinoise ! Les vélos ont quasiment disparu, et les quelques courageux qui osent encore affronter sur deux roues cette jungle infernale bénéficient pour la plupart d'une assistance électrique. Mais le plus surprenant est que, malgré l'existence de dizaines de marques automobiles chinoises, les autos circulant à Pékin affichent pour la plupart un label européen. Volkswagen, Mercedes, Audi, BMW, Peugeot, Citroën… Ces marques dominent très clairement leurs rivales de l'empire du Milieu.

Les japonaises, américaines et coréennes finissent par convaincre le visiteur que l'industrie automobile chinoise a encore beaucoup de chemin à parcourir, même sur son propre territoire (surtout en termes de technologies et d'image, si importante ici). Certes, ce n'est pas tout à fait comme cela dans l'ensemble du pays – les automobilistes des zones rurales n'ayant pas les moyens de s'offrir les modèles européens – mais les marques étrangères représentent quand même près de 70 % du marché chinois. Parmi elles, celles de notre Vieux Continent tiennent le haut du pavé, devant les japonaises. A commencer par Volkswagen, leader incontesté des ventes dans le pays.

Produire localement

Un marché qui représente un véritable eldorado puisqu'il est devenu le plus important au monde en termes d'immatriculations ! Et le plus extraordinaire pour les constructeurs européens, c'est que les Chinois sont friands de voitures de luxe, génératrices de profits plus importants. Audi par exemple a augmenté ses ventes de 80 % l'an dernier, en vendant principalement des versions longues de sa grosse A6. Mercedes et BMW ont également progressé de respectivement 35 et 30 %. Et on ne vous parle même pas des marques de prestige comme Bentley ou Lamborghini, dont les modèles pullulent dans le centre de la capitale et pour qui la Chine est devenue le marché numéro 1 !

Dans ces conditions, on comprend que les Européens mettent les petits plats dans les grands pour séduire les locaux. Dimanche soir, le groupe Volkswagen avait par exemple loué la piscine des Jeux olympiques pour y présenter ses nouveautés à des invités triés sur le volet, dans le cadre d'un show hollywoodien. Même notre Jacky Ickx national avait été réquisitionné pour y faire la promotion du nouveau Porsche Cayenne GTS ! Seul le big boss du géant mondial était absent… et pour cause : il recevait le Premier ministre chinois en Allemagne pour signer un contrat portant sur la construction d'une nouvelle usine dans la province de Xinjiang (dans l'ouest du pays, futur pôle de développement). Car il ne faut pas oublier que si les constructeurs européens vendent autant de voitures en Chine, celles-ci sont, dans leur immense majorité, fabriquées localement. Mais alors que les ventes de voitures purement chinoises sont en chute libre, celles des produits portant fièrement la griffe européenne augmentent dans les mêmes proportions. Suite à la suppression de primes à l'achat, le marché automobile local a en effet momentanément stoppé sa croissance. Mais les analystes sont tous d'accord : la marche en avant va reprendre dès cette année, avec une augmentation d'une dizaine de pour cent selon les plus optimistes.

La Chine va donc devenir de plus en plus incontournable, d'où la présentation de nombreuses premières mondiales au Salon de Pékin. Des prototypes pour la plupart, comme pour mieux faire comprendre à tous que la Chine représente plus que jamais l'avenir de l'automobile !