Mazda joue les gros bras économes

VINCENT HAYEZ

vendredi 11 mai 2012, 10:08

Une ligne originale au coeur d'un segment déjà bien garni. Mazda mise sur de « gros » moteurs qui consomment assez peu. L'habitabilité et la finition font partie des atouts du SUV japonais.

Mazda joue les gros bras économes

: DR

Voici peu, nous vous présentions le duo Citroën C4 Aircross/Peugeot 4008. Cette semaine, c'est au tour de Mazda de riposter !

Mazda CX-5 2.2 diesel

Moteur : 4 cylindres ; 2.191 cm3, 150-175 ch. Roues avant motrices (4 x 4 en option), boîte manuelle à 6 rapports.

Longueur : 4,55 m. Coffre : de 503 à 1.620 l. Poids : 1.480 kg.

Vitesse maximale : 170 km/h.

0 à 100 km/h en 11,6 s.

Consommation moyenne :

4,6-5,2 l/100 km (119-136 g CO2/km).

Prix : de 26.490 à 36.490 euros TVAC.

Autre motorisation :

Essence : 2.0 (165 ch) à partir de 23.990 euros

Bien vu

Dessin réussi

Habitabilité/coffre

Finition en progrès

Confort général

Moteurs convaincants

Peut mieux faire

Pneus Toyo inadaptés

Cinquième place (presque) inutilisable

Prix relativement élevé

Visibilité périphérique

Le Japonais n'avait pas encore de véhicule à proposer dans ce segment des SUV compacts. Son seul représentant, le grand CX-7, ne répondait sans doute que partiellement aux attentes d'une clientèle désormais habituée aux SUV plus « petits », tel le Nissan Qashqai lancé en 2006. Quoique !

Chez Mazda, on aime se la jouer « original et individuel » et les recettes proposées pour ce CX-5 diffèrent quelque peu de celles des concurrents. A commencer par la taille de l'engin : 4,55 mètres de long soit 20 bons centimètres de plus que le C4 cité plus avant, de quoi donner aux Mazda une présence « massive » sur le terrain.

Pourtant, le Japonais s'est attaché à ne pas alourdir sa nouvelle création en utilisant quelques techniques originales de fabrication. Des aciers spéciaux, des soudures sophistiquées, de la chasse aux composants inutiles, le constructeur d'Hiroshima a réussi la prouesse de maintenir son véhicule autour des 1.500 kg en diesel et même 1.300 en essence !

Un élément qui pèsera au moment du relevé des consommations, avec des résultats plus qu'honorables compte tenu des prestations affichées.

Car il faut le préciser : Mazda ne procède pas non plus de la même manière que les autres en jouant du downsizing sous le capot, que du contraire ! Voyez le bloc à essence. Les concurrents avancent des petits blocs turbocompressés ? Le Japonais réplique avec son 2.0 atmosphérique pour lequel il a fait travailler des escouades d'ingénieurs. La solution (parmi d'autres techniques) consiste à gonfler le taux de compression (14 : 1). Résultat, des performances tout à fait correctes pour des consommations plus que raisonnables.

Evidemment, en essence et compte tenu du gabarit de l'engin, même en ayant le pied léger il faudra compter au minimum 7 à 8 litres aux 100 km, un bilan honorable ! En diesel, le but des ingénieurs nippons était inverse en ce qui concerne le taux de compression avec une recherche du plus bas niveau possible. Ici aussi on atteint 14 : 1, soit l'un des plus faibles concernant les moteurs à allumage spontané. Sur la route, cela représente un rapport performances/consommations particulièrement positif. Et pour avoir testé les deux versions de ce gros bloc 2.2 (malheureusement pénalisé fiscalement en Wallonie et à Bruxelles), nous pouvons vous affirmer que le « petit » 150 ch suffira largement.

Cerise sur le gâteau, cette fine technologie permet à Mazda de satisfaire aux futures normes Euro6 (obligatoires dès 2014) et cela sans user d'un filtre à particules, soit des risques de panne en moins !

Côté confort, même si les diesel sont bien isolés, la palme revient évidemment à l'essence dont le système Start&Stop augmente encore l'agrément d'utilisation en ville. Pour ce qui est de la tenue de route, le bilan aurait pu s'avérer remarquable (autant en 4 × 4 qu'en 4 × 2) si les pneus de l'un de nos exemplaires d'essai – des Toyo – n'avaient été aussi catastrophiques et ce sur sol sec comme sur le mouillé. Bref, si vous craquez pour un CX-5 demandez des pneus de meilleure qualité !

Au volant, nous avons apprécié le traitement de l'habitacle. Certes, la qualité des matériaux n'est pas encore à la hauteur des germaniques mais les progrès sont notables. Du point de vue de l'équipement, Mazda joue la carte des nouvelles technologies embarquées avec des éléments comme le détecteur d'angle mort, de dépassement de lignes blanches, de (grands) phares automatiques ou encore du freinage automatique d'urgence en ville (de 4 à 30 km/h) pour limiter le risque de collision avec les piétons.

Offrant de l'habitabilité (sauf en ce qui concerne la place centrale arrière) et du coffre (modularité remarquable), voilà donc une nouvelle carte de valeur à placer dans le jeu bien garni des SUV compacts.