Claude François chinait à Bruxelles

A.-S.L.

jeudi 15 mars 2012, 11:03

Avec le film « Cloclo », on replonge forcément dans un univers vintage très prisé aujourd'hui. Les décorateurs ont fait un travail de titan pour reconstituer des décors ou retrouver des pièces de grands designers que Claude François chinait, notamment à Bruxelles.

Claude François chinait à Bruxelles

Le bureau de Claude François reconstitué - DR

Si la prestation de Jérémie Renier en Claude François est remarquable, le travail des équipes techniques du film ne l'est pas moins. Quelque 200 personnes ont travaillé sur les 247 décors différents de « Cloclo ». Sept mois de repérage ont été nécessaires, entre Paris, Bruxelles, Monaco et Tanger. Mais c'est à Bruxelles que l'essentiel des décors ont été reconstitués. Des plateaux télé au bureau de Cloclo, en passant par le studio d'enregistrement d'Abbey Road et les salles de concert de l'Olympia ou de l'Albert Hall à Londres, tous ces lieux ont été minutieusement refaits à Bruxelles, sous l'impulsion du chef décorateur Philippe Chiffre et du metteur en scène Florent Emilio Siri. Des mois de recherches et de chine ont été nécessaires pour trouver les accessoires et meubles pouvant rendre l'ambiance d'alors.

Fauteuils Culbuto, chaises Knoll ou Le Corbusier

Des lieux réels ont été exploités. Mais là aussi il y a eu du travail. Le Moulin de Dannemois a été retransformé pour obtenir l'état dans lequel il était au moment où Claude François l'a acheté : les volets ont été vieillis en studio avant d'être remontés sur la façade qui a quant à elle été rhabillée de bâches pour être en état de friche. Le salon a été reconstitué à l'identique : on y retrouve les fauteuils Culbuto dessinés par Marc Held, les chaises Knoll ou encore la chaise longue LC4 à bascule du Corbusier recouverte de peau de poulain. Le tapis de laine blanche épaisse, so seventies, a été également refait pour les besoins du tournage.

C'est que Claude François était un grand amateur de design contemporain. « Ce qu'il aimait surtout, confie Isabelle Forêt, sa deuxième épouse et mère de ses enfants, c'était associer les styles en osant des choses nouvelles ». C'était une véritable passion : il choisissait des pièces de collection, « uniques par leur beauté, leur rareté, leurs formes nouvelles ». Claude François et Isabelle Forêt les chinaient à Paris ou à Bruxelles. « On a beaucoup acheté en Belgique, que ce soit des meubles anciens ou contemporains, ou encore des tapisseries. On allait dans le quartier du Sablon. C'était tranquille. Et déjà à l'époque, Bruxelles était connu pour ses antiquaires et ses boutiques de design, se remémore Isabelle Forêt. Claude y avait découvert un designer belge qui créait des luminaires contemporains aux formes arrondies et épurées : Jules Wabbes ». L'un des plus importants créateurs belges de meubles de l'après-guerre. Rien moins.

Claude François avait un œil averti sur le design. Son Moulin était résolument tourné vers le style de son époque et les grands designers. Son appartement parisien, lui, était plutôt dédié aux meubles de style anglais (fauteuils Chesterfield et compagnie), qu'il se procurait à Londres… Avec « Cloclo », on n'en finit pas de découvrir de nouvelles facettes de la star, dont celle-ci : le chanteur était aussi un chineur.