« Les Cabaneux » font bien plus que des cabanes

CAROLINE DUNSKI

jeudi 05 juillet 2012, 10:26

« Les Cabaneux » font bien plus que des cabanes

Une réalisation de l’équipe des Cabaneux, de Nodebais © DR

L’un est tenant de la courbe, du délié et du caractère organique de leurs réalisations, l’autre celui de la ligne droite et le troisième, la voie du milieu, propose des courbes constituées de lignes droites. « Chacun amène les dimensions qui lui sont chères, confie Olivier Praet – la droite –, et nous ne sommes pas toujours d’accord. » « Nous ne le sommes pas souvent », précise Sébastien Kersten – la voie du milieu. « On peut prendre une heure pour se disputer sur la forme d’un pied », s’amuse Jérôme La Grange. « Mais il n’est jamais arrivé que l’un de nous soit en désaccord avec une réalisation terminée », conclut Olivier. Ensemble, ils dessinent et réalisent des aménagements intérieurs et extérieurs : du mobilier, des cabanes, des sculptures… Même s’ils répondent à la demande de clients, ils ne se lancent dans l’élaboration d’un projet que si celui-ci les amuse.

Olivier explique que « chaque commande, chaque projet est un processus singulier, on fait très rarement de la reproduction. C’est le fait d’avoir toujours la possibilité de réinventer qui me plaît le plus, même si on utilise toujours les mêmes matériaux et le même outillage. » Leurs matériaux de prédilection sont le bois – essentiellement les essences locales (douglas, mélèze et robinier) – et l’acier, dont le fer à béton qu’ils détournent de son usage courant pour en faire un matériau « sculpturel ». « Une chose sur laquelle nous sommes toujours d’accord, c’est le fait d’utiliser un matériau brut. »

Le collectif « Les Cabaneux » est créé en 2007 par Jérôme et Sébastien. Le premier est scénographe de formation, il réalise des décors de théâtre et a longtemps travaillé dans le secteur du théâtre de jeunesse. Le second, technicien audiovisuel de formation, est également technicien tout court. Olivier, qui les a rejoints en 2009 après plusieurs collaborations fructueuses, a suivi plusieurs formations : communication sociale, puis espaces verts et enfin, bois dans la construction. Il a aussi donné des formations en construction. « Olivier nous amène une branche socioculturelle avec laquelle on est assez d’accord », explique Sébastien.

Et le communicateur du collectif de poursuivre : « La clientèle se développe par le bouche-à-oreille, mais on ne vend pas des produits. On réalise des projets, avec un interlocuteur spécifique, dans un contexte économique, social et environnemental. Ce qui est paradoxal, c’est que beaucoup de gens vont chez des artisans parce qu’ils aiment ce qu’ils font, mais demandent des choses très conventionnelles. La conséquence du fait que nos créations sont uniques est le coût. Pour contrebalancer ça, nous participons de plus en plus à des événements artistiques et des projets associatifs. La variété des projets nous permet aussi de nous renouveler en tant qu’artisans. C’est rafraîchissant. »