Pour maigrir, rien ne vaut un régime sain

Rédaction en ligne

jeudi 10 mai 2012, 16:21

Deux femmes sur trois et un homme sur deux voudraient peser moins, selon l'étude NutriNet-Santé qui a sondé des internautes. Une alimentation variée, basée sur les recommandations nutritionnelles, est plus efficace à long terme que les régimes commerciaux « frustrants ».

Pour maigrir, rien ne vaut un régime sain

©DR

Trois ans après son lancement,l'étude NutriNet-Santé, un programme de recherche coordonné par l'Unité de recherche en épidémiologie nutritionnelle de l'université de Paris, dévoile ses premiers résultats. Quelque 223.000 internautes se sont inscrit pour l'heure, acceptant de répondre chaque année à des questionnaires en ligne sur leur alimentation, leur activité physique, leur poids, taille et état de santé. L'étude est programmée sur 5 ans.

L'étude pointe en premier lieu la dictature du poids véhiculée dans notre société, expliquant le nombre important de sujets se mettant au régime. L'image idéale du corps est telle que plus de deux femmes sur trois (70 %) et un homme sur deux (52 %) voudraient maigrir. Et parmi eux, 67 % des femmes et 39 % des hommes ont fait au moins un régime dans leur vie, selon des données issues de 105.771 « nutrinautes », des internautes ayant participé à l'étude.

« La pression d'une certaine image du corps dans notre société fait que même des sujets de poids normal, ni obèses, ni même en surpoids, font des régimes : près de deux femmes sur trois (58 %) de poids normal font des régimes », constate le professeur Serge Hercberg (Inserm-Paris13) qui coordonne l'étude. « Fait nouveau, même 27 % des hommes de poids normal souhaitent maigrir », ajoute-t-il. « Il y a vraiment un problème de perception du corps, de modèles véhiculés par la mode, les médias, etc. », lance-t-il.

La « spirale des régimes » plus répandue chez les femmes

Mais, pour en savoir plus sur la perception des régimes amaigrissants, l'étude s'est surtout penchée sur un sous-échantillon de 18.188 nutrinautes qui ont fait au moins un régime. Parmi ceux-ci, plus d'une femme sur 4 et un homme sur 7 ont fait plus de 5 régimes dans leur vie.

La « spirale des régimes » est plus répandue chez les femmes : « quasiment 30 % des femmes ont fait au moins cinq régimes dans leur vie, dont 9 % ont même suivi plus de dix régimes (4 % des hommes). Cela s'explique en partie parce que souvent les femmes commencent le régime plus tôt, 36 % d'entre elles ont commencé entre 15 et 25 ans, contre 18 % des hommes », selon le Pr Hercberg.

Les régimes restrictifs commerciaux moins efficaces à long terme

Les adeptes des régimes restrictifs commerciaux (Dukan, Cohen, Chrononutrition.) sont plus nombreux (40 %) à considérer que leur régime a été efficace uniquement à court terme par rapport à ceux qui ont choisi d'autres types de régimes.

Par contre, les nutrinautes qui ont suivi un régime basé sur les recommandations nutritionnelles globales de « bon sens » (manger varié, diminuer les quantités, pas d'aliment interdit…), sont 76 % à estimer que ce rééquilibrage a été efficace à long terme, avec un maintien de la perte de poids au-delà de 6 mois.

Un score nettement supérieur à celui des autres régimes. Ils sont en outre les plus nombreux (57,5 %) à avoir associé une augmentation d'activité physique (marche…) à la modification de leur comportement alimentaire (contre 39 % pour des régimes type Dukan, Cohen).

C'est le régime qui a la meilleure efficacité à long terme, relève le Pr Hercberg. Vient en deuxième, le régime avec coaching collectif style Weight Watcers (61 %).

Les moins bonnes performances déclarées en terme d'efficacité à long terme concernent la catégorie des régimes restrictifs, et parmi ceux-ci, surtout les régimes bricolés « maison » basés sur la prise de substituts de repas et de produits diététiques (41 %), et les régimes Cohen et Dukan (respectivement 50 et 51 %).

Le régime Dukan et ceux basés sur des substituts de repas/produits diététiques sont jugés les plus « frustrants », selon l'étude.

Trois ans après son lancement, NutriNet-santé regroupe 223.000 internautes et cherche plus de volontaires pour atteindre les 500.000, afin de poursuivre ce travail sur la nourriture et la santé (www.etude-nutrinet-sante.fr).

ÀSL, avec AFP