Régime : de plus en plus de Belges imitent De Wever

FREDERIC SOUMOIS

mercredi 30 mai 2012, 12:43

30 personnes commencent chaque jour le même régime « PronoKal » que Bart De Wever, selon Sud Presse. Un traitement qui n’est pourtant pas sans danger…

Régime : de plus en plus de Belges imitent De Wever

©belga

On ne le reconnaît (presque) plus. Juste avant la nouvelle année, la balance de Bart De Wever, le président de la N-VA, premier parti politique en nombre de voix en Flandre, explosait à 142 kilos. Quelques mois plus tard, Bart De Wever a perdu près de 50 kilos grâce à un régime « PronoKal ».

Une métamorphose tellement visible qu’elle sert de publicité vivante pour la société espagnole qui commercialise ce régime – bien que Bart De Wever n’ait aucun lien avec celle-ci. Selon Sud Presse, 30 Belges décident tous les jours de commencer un régime identique au leader de la N-VA. « On a vraiment connu un boom », reconnaît un responsable de la marque sur le site de Sud Presse.

De nouveaux utilisateurs qui espèrent sans doute imiter la spectaculaire baisse de poids de De Wever. Mais est-ce vraiment bien raisonnable, surtout si vite ? Les médecins s’accordent pour dire qu’une perte de 10 % du poids de départ procure déjà un très net bénéfice santé. Au-delà…

Un régime pas sans danger

D’après les spécialistes de la nutrition, le régime de PronoKal n’a rien d’innovant : « Il existe au moins depuis 50 ans. En gros, c’est une forme de jeûne, puisqu’on ne consomme plus que 800 calories par jour, moins de la moitié de ce qui est nécessaire normalement pour vivre », jauge Véronique Maindiaux, professeur de diététique à l’Institut Paul Lambin (UCL). « Nous luttons depuis longtemps contre ce type de régime, car il comporte des dangers, surtout hors contrôle médical. Danger pour la masse osseuse, le muscle cardiaque, le foie et les reins. Surtout, ils sont peu efficaces, car plus de 80 % des gens vont reprendre le poids perdu, voire davantage. »

« Ce serait le régime idéal… s’il n’y avait pas le risque de perte musculaire », poursuit Véronique Maindiaux. « Car, pour trouver l’énergie qu’il ne trouve plus dans l’alimentation, le corps pioche non seulement dans la graisse, mais aussi dans la masse maigre des muscles. Cela, l’apport en protéines ne peut l’empêcher. Or, cette masse, une fois disparue, est quasi impossible à reconstituer. Les atteintes éventuelles à l’organisme ne se constateront pas immédiatement, mais parfois des années plus tard. Pour la perte de masses osseuses, c’est dix ou vingt ans plus tard que le risque de fracture va augmenter. »

« Pas tenable à long terme »

« Ce type de régime ne peut pas être soutenu à long terme sans risques, car il induit de nombreuses carences, qu’il faut essayer de compenser en prenant des suppléments. Nous déconseillons toujours ce type de régime dans notre hôpital », insiste le professeur van Gossum.

« Atteindre son poids de santé, c’est travailler sur le long terme, avec patience », insiste Véronique Maindiaux. « Une telle perte de poids sur une période aussi brève ne va pas sans occulter ses sensations corporelles de faim et de satiété. Ni de perturbation de l’image de soi. Ces questions doivent être réglées autant que la prise calorique, sinon c’est la rechute assurée. Franchement, il faut éviter de faire la pub de ces régimes protéinés. »

Frédéric Soumois, Gil Durand