Sexe-thérapie

vendredi 08 juin 2012, 12:54

Il y a les thérapies sexuelles en cas de difficultés du même nom, mais il y aussi des thérapies où le sexe n'est pas le problème, mais la solution. Et parfois, le psy met lui-même la main à la pâte !

Sexe-thérapie

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Par Didier Dillen. Paru dans Victoire

Profession : assistant sexuel !

Mettre la main à la pâte pour soigner les troubles sexuels ? L'idée n'est pas nouvelle. Elle se pratique depuis le XIXe siècle, mais a surtout été popularisée dans les années 70 par les célèbres Masters et Johnson. Ces thérapeutes d'un genre particulier se nomment aujourd'hui des assistants sexuels. Il s'agit soit de thérapeutes spécialisés, soit de prostituées ayant reçu une formation spécifique. Dans certains pays, cette pratique possède une existence officielle, dans d'autres elle est tolérée, dans d'autres encore, elle est interdite. Pour certains, c'est la seule forme d'aide possible en matière sexuelle voire même la seule forme de sexualité.

Sexualités assistées au sein du couple. Prof. Pascal De Sutter, Alexandra Hubin (chercheuse en sexologie), www.aihus.fr

Le strip-tease serait-il une forme de psychothérapie ? Oui, si l'on en croit les méthodes de Sarah White, une jeune psy new-yorkaise qui n'hésite pas à se déshabiller devant ses patients pour les aider à soigner leur vague à l'âme ! Efficace ? La thérapeute de 24 ans en est en tout cas persuadée. Sa méthode, qui combine des éléments de la thérapie centrée sur la personne et de la thérapie par le jeu, aide apparemment le patient à s'exprimer et à s'ouvrir à elle. Elle, en retour, lui montre de façon évidente qu'elle n'a rien à cacher. Le patient a d'ailleurs la possibilité de voir Sarah se débarrasser de ses vêtements au fur et à mesure de la séance ou de demander la nudité dès le départ ! Il lui en coûte tout de même 200 dollars pour une séance d'une heure via webcam et nettement plus pour une rencontre en tête-à-tête. Le public cible de Sarah White est quasi exclusivement masculin, ce qui n'est pas pour lui déplaire. Gadget thérapeutique, exhibitionnisme malsain, voire grave entorse à l'éthique, les critiques ne manquent pas sur ces méthodes, mais, selon elle, nudité et excitation sexuelle en disent apparemment beaucoup plus au patient sur luimême que des thérapies plus classiques. On ne demande qu'à la croire.

Clitothérapie

Cette jeune psy n'est évidemment pas la première à se servir du sexe comme outil thérapeutique. Au XIXe siècle, par exemple, les massages vulvaires manuels furent considérés comme un traitement de choix de l'hystérie féminine ! Cette pathologie aujourd'hui quasi abandonnée, qui mêlait des symptômes aussi vagues et variés que l'angoisse, les fantasmes érotiques, les crises de tétanie... était alors une des maladies les plus diagnostiquées. En guise de traitement, les médecins pratiquaient une thérapie par l'orgasme à base de massages vaginaux, semble-t-il assez efficaces. Les patientes n'avaient en tout cas pas l'air de se plaindre violemment. Ce geste technique, pratiqué froidement dans les salles de consultation et qui durait parfois une heure, n'était par contre guère du goût des carabins qui déléguaient souvent cette tâche aux sages femmes ou aux infirmières. Du moins jusqu'à l'invention du vibromasseur électrique aux alentours de 1880. Un outil de haute technologie dont l'usage fut au début purement médical !

La méthode tantra

Certains médecins de l'âme et du corps poussent le professionnalisme jusqu'à faire l'amour avec leurs patients. À Londres par exemple, Padma Deva exerce le métier très controversé d'assistant sexuel. Ses spécialités: le traitement des problèmes d'éjaculation, les pannes et angoisses sexuelles en tous genres. Ses clients sont là aussi le plus souvent des hommes à ce point inhibés psychologiquement ou sexuellement qu'ils ne parviennent pas à faire l'amour avec une femme. Jusque là, rien de bien exceptionnel. Ce qui distingue Padma, c'est sa méthode basée sur le tantra, qui va jusqu'à inclure relaxations, massages poussés, voire coït en bonne et due forme ! Padma Deva plaide là aussi pour l'efficacité de sa technique. Plus de 90 % de réussite dans le cas de l'éjaculation prématurée, dit-elle. Coût : 450 livres par consultation de deux heures. Et il faut en général neuf séances pour enregistrer des résultats. La santé sexuelle n'est donc pas à la portée de toutes les... bourses. Technologies de l'orgasme. Le vibromasseur, l'hystérie et la satisfaction sexuelle des femmes, Frédérique Giraud, Rachel P. Maines, www.lectures.revues.org