Randonnée au Laos

mercredi 07 décembre 2011, 17:22

Pas de nuages, beaucoup de soleil et des températures idylliques… la saison sèche, au Laos, s'étend de novembre à février. C'est le meilleur moment pour faire une randonnée dans la réserve naturelle de Nam Ha, au nord. Un des programmes d'écotourisme soutenus par l'Unesco.

Randonnée au Laos

Texte et photos Sandrine Warsztacki. Article paru dans Victoire du 26 novembre 2011

Le Laos compte 49 groupes ethniques officiellement recensés. Depuis que ce pays communiste a ouvert ses frontières il y a vingt ans à peine, leurs traditions bien préservées sont devenues une attraction touristique. Heureusement, l'écotourisme est en plein essor, en particulier dans le nord du pays.

Le « Nam Ha Ecotourism Project » est un modèle du genre. Pas moins de huit groupes ethniques différents vivent dans la zone protégée de Nam Ha, une réserve naturelle abritant tigres, léopards, éléphants… Lancé en 2001, le programme d'écotourisme financé par l'Unesco, les gouvernements du Laos, de Nouvelle-Zélande et du Japon, poursuit le double objectif de lutter contre la pauvreté de ces populations tout en préservant le patrimoine naturel et culturel de cette région semimontagneuse, à la frontière sino-birmane.

Concrètement, toute agence proposant des randonnées à Nam Ha doit se plier aux mêmes principes. Un guide local accompagne chaque groupe, composé au maximum de huit personnes. Les bénéfices sont répartis équitablement de façon à profiter aux villageois. En général, les touristes sont logés chez l'habitant. Les villages n'accueillent toutefois pas plus de deux groupes par semaine. Il s'agit de préserver la tranquillité des lieux, mais aussi de ne pas entraîner l'économie locale dans une dépendance malsaine visà- vis des revenus du tourisme. Accessibles au mieux en 4x4, les villages connaissent un isolement relatif. Certains habitants n'ont même jamais rencontré de « falangs », comme on surnomme ici les étrangers. Les La journée, les villages sont vides. Les villageois sont partis travailler aux champs. 54 26 NOVEMBRE 2011 VOYAGES Y aller Vols Bruxelles-Vientiane avec Air France et Vietnam Airlines (2 escales), à partir de 957 €. www.airfrance.fr Véritable noeud routier, Luang Nam Tha est facilement accessible en bus et Lao Airlines propose des vols depuis Vientiane. www.laoairlines.com Sur place Les treks peuvent être organisés, à l'avance ou sur place, depuis Luang Nam Tha. Prix : entre 60 et 100 € par personne pour trois jours. www.greendiscoverylaos.com, www. ecotourismlaos.com/luangnamtha.htm Infos www.ecotourism.org, www.voyageons-autrement.com www.tourisme-autrement.be touristes reçoivent donc un briefing en règle quant à l'attitude de rigueur. On évitera, par exemple, de traverser un village akha sans prendre le temps de discuter avec ses occupants. Les villageois risqueraient alors de croire qu'ils ont reçu la visite d'un mauvais esprit !

Au pays des Laos bleus Nam Ke Noi est un village lentan composé tout au plus d'une trentaine de maisons entourées de rizières, que l'on atteint après plusieurs de marche dans la forêt. À l'entrée, un portail magique ressemblant étrangement à un panier de basket en bambou tressé protège le hameau contre les esprits malicieux. Les Lentans vivent dans un monde peuplé d'entités surnaturelles : esprits de la forêt ou des objets quotidiens, revenants… Leurs croyances s'articulent autour d'un mélange complexe de taoïsme, d'animisme et de culte des ancêtres.

L'après-midi, on ne croise guère âme qui vive dans l'unique rue du village. Les lieux s'animent peu avant le coucher du soleil. Les plus jeunes rentrent alors de l'école. Leurs aînés n'ont pas cette chance, ils ont aidé leurs parents aux champs toute la journée. Petits et grands sont habillés de la même façon avec de longues chemises indigo, souvent usées jusqu'à la corde. Ce vêtement traditionnel a valu aux Lentans le surnom de Laos bleus. Les femmes tressent leurs cheveux en chignons sophistiqués et arborent des pendentifs constitués d'un piastre chinois enfilé sur un fil de coton.

Avec les esprits Les randonnées passent aussi par Sam Yoard, un village hmong. Les habitations étant trop exiguës pour accueillir des visiteurs, ils sont logés dans la maison de l'instituteur, une cabane instable perchée sur pilotis. C'est le chef du village lui-même qui assure l'accueil. Les touristes sont invités à lui poser toutes les questions qui leur passent par la tête. Le guide joue les traducteurs de son mieux. Patiemment, le chef explique comment se déroulent les récoltes, de quelle façon s'organise la vie en famille, quelles sont les règles qui régissent le mariage… Comme chez les Lentans, les Akhas et de nombreuses autres minorités ethniques qui forment le Laos, les esprits jouent un rôle prédominant dans la vie quotidienne, même si le mode de vie traditionnel de ces minorités ethniques se modernise à grande vitesse. Et la venue des touristes y contribue.