Chili : on a roulé sur la Lune

mardi 20 mars 2012, 15:11

Avec son ciel toujours limpide, le désert d'Atacama, au nord du Chili, est mondialement réputé pour l'observation des étoiles. Mais il ne faut pas toujours lever le nez au ciel pour avoir l'impression d'évoluer sur une autre planète. Excursion à deux roues dans la bien nommée « Valle de la Luna ». Vélo story (4/4)

Chili : on a roulé sur la Lune

: Sandrine Warstacki

Texte et photos Sandrine Warstacki. Paru dans Victoire le 17/03/2012.

En pratique

Plusieurs excursions à vélo sont proposées autour de San Pedro. Avec ou sans guide. Compter une bonne demi-journée pour la Vallée de la Lune. Prévoir deux ou trois jours pour s'acclimater à l'altitude. www.sanpedroatacama.com

À l'entrée du parc, un panneau met les conducteurs en garde : quand il pleut, la route peut devenir glissante. L'avertissement paraît incongru. Le désert d'Atacama a la réputation d'être le plus sec du monde ! À certains endroits, la terre n'a même jamais absorbé la moindre goutte depuis des siècles. Il arrive toutefois qu'aux mois d'août ou de septembre, El Niño, un courant marin chaud évoluant au large du Pérou et de l'Équateur, apporte dans son sillage quelques averses jusque dans ces coins les plus arides. Toutes les graines en sommeil depuis des lustres se mettent alors à fleurir en même temps. Un spectacle exceptionnel, paraît-il. Mais pour l'heure, pas le moindre nuage à l'horizon. Et c'est sur l'esthétique minérale du désert que l'on s'extasie.

La Vallée de la Lune se situe à 15 km environ de San Pedro. Grâce à sa position stratégique, la petite oasis, perchée à 2500 m d'altitude, est devenue la porte d'entrée touristique de l'Atacama, haut lieu de l'astronomie et de l'archéologie. Si la sécheresse rend la vie difficile sous ses latitudes, elle a l'avantage de conserver les pièces dans un état presque parfait. Les premières traces de présence humaine dans le désert remontent à 11.000 ans déjà. Mais, en vérité, c'est rarement pour les momies que les touristes font le déplacement jusque là. Dans la rue principale de San

Pedro, les agences de voyages poussent comme des champignons. De la plus professionnelle à la plus douteuse, elles rivalisent d'imagination pour attirer le touriste : tours en 4x4 entre les geysers, randonnées à cheval à travers les salars, safaris moto, descentes en VTT sur les flancs des volcans, surf des sables…

La tête dans les étoiles

La Vallée de la Lune fait partie de la cordillère de sel, un massif d'une cinquantaine de kilomètres qui précède la cordillère des Andes. Il y a des millions d'années, les mouvements tectoniques ont soulevé le fond d'un lac asséché pour donner naissance à ces étranges montagnes. Les éléments ont ensuite tenu le rôle d'artistes. Le vent et l'érosion ont sculpté le paysage. Les minéraux lui ont conféré ses couleurs oxydées. Il en résulte un tableau surréaliste. On passe devant des formations rocheuses qui semblent tout droit sorties de l'imagination de Dalí avant de traverser d'éblouissantes plaines blanchies par le sulfate de calcium. En escaladant les dunes, on peut observer le chapelet de volcans qui marque la frontière avec la Bolivie. Certains flirtent avec les 6000 m !

À part quelques chinchillas qui paressent au soleil, en journée, on ne croise âme qui vive. Mais, à la tombée de la nuit, le silence paisible fait place aux vrombissements des cars venus déverser leur flot de touristes. Le coucher de soleil sur la Vallée de la Lune est une excursion qui se vend bien. Pour les cyclistes, il est plus que temps de rentrer. Le ciel étoilé de l'Atacama est certes célèbre pour sa beauté, mais dans le désert, les nuits sont fraîches.