8 croisières sur mesure

jeudi 03 mai 2012, 15:40

Les croisières océaniques ou fluviales connaissent aujourd'hui la plus forte croissance de l'industrie touristique. Dans le sillage des véritables palaces flottants qui sillonnent les mers, le secteur sait que la course au gigantisme a une fin et que l'avenir est à la diversification.

8 croisières sur mesure

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Par Gilles Bechet et Lucie Lavigne. Photos DR. Paru dans Victoire le 28/04/2012.

Il est curieux que les croisières les mieux ancrées dans la mémoire collective sont celles qui finissent au fond des mers. Mais cela n'a jamais empêché les gens de choisir ce type de voyages, aujourd'hui moins que jamais. En 2011, 70.000 Belges se sont embarqués pour une croisière océanique ce qui représente une croissance de 7,7 % par rapport à l'année précédente, par ailleurs largement supérieure à celle des vacances sur la terre ferme. Une croissance qui s'explique largement par l'évolution des navires et des services qu'ils proposent. Autrefois, unique moyen de déplacement pour traverser les mers, le bateau a dû se réinventer pour progressivement devenir un lieu de vacances et de loisirs à la fois. Longtemps, la croisière s'est identifiée au luxe, au smoking de rigueur pour le dîner du soir, rassemblant une population grisonnante et fortunée. En 1970, nombre de grands paquebots avaient fini leur vie sur un chantier de démolition faute de passagers, lorsque le voyagiste américain Carnival lança, via de pleines pages de pubs dans les magazines, le concept de Fun ship avec pour objectif de rajeunir la perception et le public du voyage en mer. La promesse était claire : Dès que vous mettez le pied sur un de nos navires, vous pénétrez dans un autre monde d'amusement, de plaisir. Allongé dans un transat avec le ciel bleu et une mer étale comme seuls interlocuteurs, il est permis de tout oublier.

Hôtels flottants

Quarante ans plus tard, le concept a de beaux jours et de belles croisières devant lui. Aujourd'hui, les croisières peuvent se comparer à un hôtel club qui se déplace. C'est un concept qui plaît à un large public, familial pendant les périodes de vacances et couples de tous âges hors saison, résume Dominique Pourbaix, secrétaire générale de Cruise & Ferry World. Le navire de croisière actuel n'a plus rien de commun avec les paquebots de l'âge d'or du transport maritime. Grâce aux percées technologiques, aux innovations en matière de design et de production énergétique, une grande diversité de services est offerte pour un tarif all inclusive. Sur les palaces de 3000 couchettes qui comptent jusqu'à 20 étages, on peut trouver des casinos, minigolf, centres commerciaux, piscines, terrain de tennis, salles de gym, cinéma 3D et spectacles en tout genre. À chaque fois que vous mettez définitivement pied à terre, vous vous dites : « Zut, je n'ai pas pu faire tout ce dont j'avais envie. » C'est à un point tel que, pour une partie des vacanciers, l'attrait du séjour en mer l'emporte sur celui des escales. Le navire est devenu une destination en soi.

À chacun sa croisière

Les océans couvrent l'essentiel de la surface du globe. Il y a donc de la place pour toutes les envies de croisières et pour toutes les destinations. Les mers du sud de l'Europe, et plus particulièrement la Méditerranée, attirent le plus de vacanciers belges, devant les Amériques et les Caraïbes. Les eaux du Nord, des fjords norvégiens aux eaux glacées de l'Alaska, suscitent quant à elles de plus en plus d'intérêt. À côté des croisières détente, d'autres niches et concepts se sont développés. Les croisières grand luxe ont toujours leurs aficionados, ainsi que les croisières de rencontres pour célibataires, et il y a bien sûr les thématiques culturelles, historiques ou musicales, comme celle dédiée au concours Reine Élisabeth. On constate aussi un réel engouement pour les croisières d'exploration et notamment dans le Grand Nord, ce qui n'est pas sans poser des problèmes environnementaux. D'abord réservées à des voyagistes spécialisés, car la navigation en eaux polaires nécessite des navires spécialement équipés, les eaux arctiques et surtout antarctiques commencent à intéresser les grands voyagistes. En 2007, l'Explorer, premier navire entièrement voué au tourisme polaire, pouvant emporter 154 passagers, a coulé au large des Îles Shetland du Sud, dans l'Antarctique. Le naufrage n'a fait aucune victime mais a relancé la question de la sécurité de la navigation de plaisance en eaux polaires.

Maman, les petits bateaux…

Dans l'avenir proche, on peut attendre une diversification accrue du secteur avec des navires de niche, plus petits, plus spécialisés, hyperconfortables, à même d'emmener des passagers vers des endroits inaccessibles aux gros navires. Poussés par des objectifs d'économie d'échelle, certaines compagnies ont mis en chantier des navires pouvant accueillir 4000 passagers. À la suite du naufrage du Costa Concordia, des voix se sont élevées pour inverser cette course au gigantisme qui met à l'eau des navires moins réactifs en cas de problème. C'est une réflexion qui était déjà en cours dans le secteur, relève Dominique Pourbaix. Je pense qu'on n'ira pas au-delà de la capacité actuelle, sans pour autant la diminuer drastiquement. Après le naufrage, on a constaté une diminution de réservations de voyages, mais on est déjà revenu aux mêmes chiffres que l'année passée. Par ailleurs si on compare avec la navigation aérienne, la croisière connaît peu d'accidents graves. Tous à bord. La croisière continue.