Mauvais temps rime avec bons voyages

ERIC RENETTE ET VANESSA LHUILLIER

mercredi 01 août 2012, 15:24

Les professionnels du voyage organisé ne font pas aussi grise mine que la météo estivale ou que certains collègues impliqués dans le tourisme en Belgique : le mauvais temps a poussé les Belges à s'accorder des vacances sous le soleil et vers certaines attractions.

Mauvais temps rime avec bons voyages

Le Belge adore se baigner de soleil © TARIK TINAZAY/AFP

Les impressions se confirment (les tours opérateurs ne disposaient pas encore de chiffres officiels pour juillet) : le retard constaté dans les réservations en tout début de saison a généralement été compensé. Jetair pressent une croissance de la fréquentation par rapport à 2011 (la retrouvera-t-on aussi dans une croissance des bénéfices ?) avec une vague grandissante de réservations « last minute » depuis la fin avril. Depuis que les candidats vacanciers belges sont en manque de certitude de jouir d'une fraction de beau temps durable. Et, pour le dire autrement, depuis qu'il fait moche.

Pics sur les sites internet

Confirmation chez l'autre grand tour-opérateur, Thomas Cook, où les « city trips » dans un rayon de 500 km de Bruxelles sont délaissés depuis des semaines (Londres et le JO constituant un cas à part d'où le touriste non sportif s'exclut lui-même). Par contre, les destinations phares ont retrouvé leur attrait : Espagne, Turquie, Grèce et Tunisie forment le quatuor de tête, complété par l'Égypte (Jetair) ou le Maroc (Thomas Cook). « Et on a vraiment assisté à une fréquentation des sites internet et des agences en lien direct avec la météo, avec des différences flagrantes entre les jours où il faisait beau et où les fréquentations des sites diminuaient, poursuit Baptiste van Outryve (Thomas Cook). On a même battu deux fois notre record de fréquentation sur le site de Neckermann où la moyenne habituelle de 80.000 ou 90.000 visiteurs unique par jour a grimpé à 102.000 et 112.000 visiteurs en juillet ».

Le succès des « last minute » a même poussé Thomas Cook à renforcer ses capacités sur la Turquie, l'Espagne (Majorque), la Grèce (Crète et Rhodes en tête) et la Tunisie. « Avec des tarifs de réservation tardive qui collent à ceux de 2011 », poursuit Baptiste van Outryve. Le porte-parole belge de Thomas Cook poursuit l'analyse en relevant cependant « que 75 à 82 % des prix (selon le type de produit) étaient moins chers en réservation précoce (NDLR : dans les semaines qui suivent la sortie des brochures officielles) tandis que 18 à 25 % des réservations se sont montrées plus intéressantes en “last minute”. »

À Bruxelles + 6 %

Le nombre de nuitées passées à Bruxelles continue sa progression. Cette année, il devrait augmenter de 6 % si la tendance se poursuit. Le mois de juillet n'est pas différent de ce début d'année mais les professionnels du secteur disent commencer à sentir la crise de la zone euro. Actuellement, les Français sont les plus nombreux à visiter la capitale. Viennent ensuite les Britanniques puis les Espagnols, les Allemands, les Américains et les Hollandais. Mais les Espagnols se font de plus en plus rares. Heureusement, le tourisme d'affaires compense cette baisse. Un important travail de promotion de Bruxelles a également été entamé auprès du Brésil, de la Russie, de la Chine et de l'Inde et il porte enfin ses fruits. Les 6,5 millions de nuitées devraient ainsi être atteints d'ici la fin de l'année alors qu'au niveau mondial, le secteur du tourisme n'augmente que de 2 %.

Les musées bruxellois ont enregistré une belle affluence durant juillet. La météo leur a été plutôt favorable : +30 % par rapport à l'année dernière. L'ouverture du Parlementarium, le musée du Parlement européen n'est pas non plus étranger à cette progression et il devrait atteindre son objectif des 400.000 visiteurs pour 2012.

En wallonie + 2,9 %

Les premiers résultats du « baromètre des acteurs touristiques wallons » pour juillet 2012 montrent une amélioration de la fréquentation des infrastructures touristiques en général (+ 2,9 %)… qui masque une réalité plus cruelle : c'est l'excellent résultat de fréquentation de Pairi Daiza qui tire ces moyennes vers le haut. Sans lui, la moyenne est à la baisse. Au total, 49 % des 752 acteurs qui ont participé à l'étude considèrent avoir connu une baisse de fréquentation, 24 % une hausse.

Le taux moyen de remplissage est de 51,5 % mais avec des variables énormes entre les campings (35,5 %) ou les centres de tourisme social (65,8 %), ou encore entre les provinces du Brabant wallon (55,7 %) ou celle de Liège (46,4 %). Des statistiques évidemment influencées par l'importance de la capacité totale.

31 % des répondants estiment que les « activités locales » ont eu un impact sur la fréquentation de leur établissement. La plus célèbre des activités locales, cette année, était le passage du tour de France.

Les néerlandophones restent les premiers clients en Wallonie : 41 % des Flamands et 24 % de Néerlandais. Les Wallons constituent la première clientèle des attractions (32 %), devant les Flamands (23 %).