Vent d'ouest à Berlin

mercredi 12 septembre 2012, 15:29

La partie ouest de Berlin se transforme, de la Potsdamer Platz et ses environs investis par de nouvelles galeries et concept stores, au quartier de la mythique gare Zoologischer Garten, en pleine revitalisation urbaine, et où l'architecture des années 50 retrouve tout son éclat.

Vent d'ouest à Berlin

Texte et photos Catherine Callico. Paru dans Victoire du 08/09/2012

EN PRATIQUE

Information touristique : www.visitberlin.de

Y aller Easyjet, A–R à partir de 50-60 €, www.easyjet.com

Y loger Casa Camper Berlin, 1 Weinmeisterstraße, T. 00 49 30 20 00 34 10, www.casacamper.com/berlin àpd 185 € la chambre double. Sur huit étages, 51 chambres et suites spacieuses, lumineuses, au design urbain, élégant et fonctionnel. Au dernier étage, la cafétéria offre une vue panoramique sur les toits de la ville.

Adresses (1) Neue Nationalgalerie, 50 Potsdamer Strasse, T. 00 49 30 266 42 42 42, www.neue-nationalgalerie.de Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h, jeudi jusqu'à 22 h.

(2) Daimler Contemporary, Haus Huth, 5 Alte Potsdamer Strasse, T. 00 49 30 25 941-420, www.collection.daimler.com Tous les jours de 11 h à 18 h.

(3) Freies Museum Berlin, 91 Potsdamer Strasse, T. 00 49 30 34 72 18 14, www.freies-museum.com Du mardi au samedi de 12 h à 19 h, jeudi jusqu'à 22 h, dimanche de 15 h à 18 h.

(4) Blain Southern, 77-87 Potsdamer Strasse, T. 00 49 30 644 93 15 10, www.blainsouthern.com Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h.

(5) Andreas Murkudis, 77-87 Potsdamer Strasse Haus E, T. 00 49 30 30 88 19 45, www.andreasmurkudis.com Du lundi au samedi de 10 h à 20 h.

(6) Hansa Studios, 38 Köthener Strasse, T. 00 49 30 26 49 53 30, www.hansatonstudio.de

(7) Paris Bar, 152 Kantstrasse, T. 00 49 313 80 52, www.parisbar.net Du lundi au dimanche de 12 h à 1 h.

(8) Amerika-Haus Berlin, 22-24 Hardenbergstrasse, T. 00 49 31 10 74 06, www.amerika-haus-berlin.de Ouvert en fonction de la programmation.

(9) Bikini Berlin, 2 Hardenbergplatz, T. 0700 70 02 27 38, http://bikiniberlin.de Ouverture en 2013.

Sur la Kurfürstendamm, artère commerçante principale du quartier de Charlottenburg, et dans ses environs, les traditionnelles enseignes chics alternent désormais avec de nouvelles venues, à l 'assaut des espaces délaissés à cause de la crise f inancière. Le label de mode f lorentin Patrizia Pepe vient ainsi d'ouvrir en septembre son premier magasin à Berlin, au n° 216. Le quartier, où sont traditionnellement établis artisans et collectionneurs d'art, jouit également d'un souff le neuf grâce à d'autres galeries – venues d'autres coins de Berlin, d'Allemagne et du monde –, plus axées sur les nouvelles tendances de la création.

À l'ombre de la Potsdamer Platz

Du côté de la Potsdamer Platz, en particulier, la concentration artistique est devenue plus éclectique. Dans les environs d'institutions comme la Neue Nationalgalerie ou la Daimler Art Collection , l 'espace multidisciplinaire et alternatif Freies Museum Berlin (3) s'est ouvert il y a trois ans avec des studios, des salles d'archives, des pièces d'expositions, étirés sur 1300 m2 au sein d'une ancienne usine.

Tout près de là, la galerie londonienne Blain Southern a inauguré en avril 2011 un nouvel espace d'exposition d'artistes de premier plan tels que Bill Viola, Mat Collishaw ou Rachel Howard. Berlin est devenue un hot spot pour les artistes et créatifs, et nulle part ailleurs, on ne peut trouver de tels bâtiments, des surfaces si généreuses, à des loyers aussi abordables, pointe Nora Roho, curatrice du lieu.

La galerie s'est installée dans l 'ancienne presse du quotidien « Tagesspiegel ». Lorsque nous avons reconverti l 'endroit, qui date des années 80, en collaboration avec les architectes Adjaye Associates, nous souhaitions en faire un espace de galerie fonctionnel, tout en conservant le plus possible sa structure d 'origine, de même que les traces d 'encre noire sur les murs et au plafond. Attrait du lieu et du quartier : Nous sommes au centre de la ville et dans une zone qui n'est pas encore trop tendance.

L'ancien site du « Tagesspiegel » accueille aussi dans ses locaux, depuis cet été, le nouveau magasin d'Andreas Murkudis . L'ancien conservateur du Museum der Dinge a quitté le quartier de Mitte, devenu trop branché, pour concrétiser un rêve : avoir son propre magasin dédié à une sélection de belles choses. Soit, sur 1000 m2, des vêtements, des accessoires, de la porcelaine, des objets d'intérieur, des livres… Et, aux côtés de noms moins connus, des marques comme Christian Haas, Dries van Noten, Établissement, Isaac Reina, Kostas Murkudis, Lutz, Maison Martin Margiela, Porcelain Manufacturer Nymphenburg, Saskia Diez…

Ce qui attire le milieu à Tiergarten, c'est cette atmosphère encore brute, avec des lieux qui restent à défricher et d'autres, à redécouvrir ou réinventer. Des endroits parfois mythiques, comme les Hansa Studios, derrière la Potsdamer Strasse, où Iggy Pop, David Bowie et Nina Hagen ont enregistré leurs premiers morceaux cultes dans les années 70. Le vrai Berlin cool, pour la génération de cette époque. Bien avant Mitte et Fridrichshain, à l 'est, aujourd'hui repris sur les cartes touristiques. À l'époque, le bâtiment de Hansa était planté sur un terrain vague sablonneux uniquement délimité par le Mur de Berlin. Depuis, il a fait place à une structure moderne en briques rouges et produit toujours les plus grands. Autre vestige, le Paris Bar , où une interview d'Iggy Pop s'était terminée par une bagarre sur le trottoir avec le journaliste, reste très prisé par les auteurs, artistes et gens des médias.

Zoologischer Garten

L'ouest de la ville recèle d'autres trésors bien gardés d'un passé antérieur, palpables du côté de la Bahnhof Zoologischer Garten, gare de l'Ouest principale jusqu'à la réunification.

Bâtie à la f in du XIXe siècle, elle fut reconstruite dans les années 30 et 40, puis transformée dans les années 50. Elle a inspiré plus d'un auteur, de Christiane Felscherinow - exhéroïnomane, dont le best-seller autobiographique « Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée... » (1978) décrit la gare alors fréquentée par les prostituées et les dealers, et a été adapté au cinéma - à U2 et son morceau « Zoo station » (1991), et d'autres musiciens encore.

Autre bâtiment à l 'architecture inspirée des années 50, cette fois dans un contexte de guerre froide, l 'Amerika-Haus Berlin (8), fondée après la Seconde Guerre mondiale, pour donner l 'opportunité aux citoyens allemands de découvrir la culture américaine et favoriser les échanges de part et d'autre. Ce centre culturel, rouvert au public en 2008, programme des projections de f ilms, des lectures, des expos, de la danse, des performances…

Un peu plus loin, le légendaire Zoopalast (1957) s'offre une refonte. Premier cinéma né du boom économique de l'après-guerre, il s'agit aussi d'un des plus beaux de Berlin, bien qu'il ait perdu de son lustre au fil du temps. Cette fois, il est entre les mains d'un fondateur d'une chaîne multiplex. Car l 'ouest de la ville séduit aussi les investisseurs. Pour preuve encore, le plus gros chantier urbain du moment, qui devrait être inauguré en 2013: le complexe Bikini Berlin (9), autour d'un bâtiment central, la Bikini House, autre lieu-phare de l'après guerre, qui hébergera au sein d'une architecture d'avant-garde des restaurants, des boutiques-hôtels, des magasins et des espaces réservés à des designers berlinois. Tandis qu'un jardin public de 7000 m2 aménagé sur le toit permettra une vue directe sur les girafes du zoo de la ville.