L'Ardoisière vit à nouveau
GEOFFROY HERENS
mardi 06 mars 2012, 09:05
Jodoigne. André Vossen redonne du lustre au château de l'Ardoisière, bien méconnu. L'essentiel de la rénovation est aujourd'hui terminé. L'ancienne ruine est en train de retrouver son lustre d'antan.
deux années seulement séparent ces deux vues du château de lArdoisière Une évolution positive qui naurait pas été possible sans lamour dAndré Vossen pour les vieilles pierres © REN
Situation paradoxale, ce lundi soir, à Jodoigne. Le domaine de l'Ardoisière a accueilli sa toute première réception depuis son passage aux mains du privé. L'organisateur ? La Province du Brabant wallon. Celle-là même qui, durant des lustres, a cessé d'entretenir et laissé se délabrer un bien dont elle était propriétaire depuis le milieu des années 1960 avant de le revendre fin juin 2010 à la société Anvipar.
Derrière cette enseigne se retrouve André Vossen, un habitant de Saint-Remy-Geest, amoureux de vieilles pierres : « Hier comme aujourd'hui, je suis heureux d'avoir acquis le site car si je ne l'avais pas fait, il serait resté à l'abandon et aurait fini par s'écrouler. C'eût été d'autant plus dommage qu'il s'agit d'un des hauts lieux de la ville. »
L'endroit a longtemps été dévolu à l'exploitation d'ardoises, d'où son nom. Des moulins (à eau, à huile, à farine, à seigle, à cylindres) ont fini par remplacer la carrière. Ancien bourgmestre de Jodoigne, Fernand Charlot devint propriétaire du domaine en 1894. Une colonie d'enfants russes (dont les parents avaient fui la révolution bolchevique) y fut hébergée en 1923. Les époux Declef achetèrent le bien dans les années 1950 avant de le revendre à la Province
Au total, ce sont 4,6 hectares qui sont donc en train de connaître une nouvelle jeunesse. Avec, en guise de fleurons, un château et son annexe repeints dans un gris-bleu qui ira à merveille avec la lavande qui vient d'y être plantée. Actuellement, seule l'annexe est terminée. Elle aura pour vocation d'accueillir des séminaires et des réceptions avec une capacité de 150 personnes. Quant au château, il attend de connaître sa destination finale, à définir.
Ce qui est manifeste, c'est la profonde mutation des deux bâtiments. « En ce qui concerne l'annexe, nous avons quasi tout repris à zéro, résume André Vossen dont le beau-fils est aussi l'architecte du projet. Il restait juste les voûtes et une chance ! le toit qui était encore en bon état. Mais il a tout de même fallu isoler
Quant à cette pierre que j'ai fait placer à l'entrée, elle date de 1737 et de la construction de la maison de Mathias Albert Vleminckx, autrefois greffier de Jodoigne qui avait obtenu le permis d'extraire de l'ardoise sur ce site. D'où le nom de l'Ardoisière. »
En ce qui concerne le château proprement dit, il n'en restait pas grand-chose, hormis les murs extérieurs et un escalier de chêne que la mérule n'a pas réussi à faire disparaître. Il a désormais repris sa forme du début du XXe siècle. « Tout ce qui a pu être gardé l'a été, les carrelages anciens, par exemple, assure le propriétaire. Mais vu l'état catastrophique du bien
Le reste de l'intérieur sera entièrement contemporain. L'idée n'est pas de faire du faux vieux
Au final, j'avoue que non seulement le résultat correspond à mes attentes mais qu'en plus, je trouve le lieu encore plus beau que ce que j'en espérais au départ. »
À l'extérieur, l'étang reprend vie petit à petit après avoir été asséché faute d'entretien. Certains arbres ont été abattus, d'autres sont restés tel ce splendide platane aux branches tortueuses. Quant à l'accès, il se fait non pas par l'ex-drève de hêtres rouges abattus en 2010 mais bien par le site de l'école du Cepes où une servitude a été concédée de même que l'usage de nonante places de stationnement qui risquent de s'avérer bien utiles à l'avenir.