John Hooijschuur quitte Chastre

ERIC DAVAUX

vendredi 13 avril 2012, 08:51

Personnalité. Un fameux bail au Training Centre. Le directeur du Training Centre à Chastre lève le pied pour une retraite bien méritée. Il a géré l'endroit dès son ouverture en 1976 et cède sa place au Liégeois Marc Martens. D'origine flamande, l'homme a été conquis par la vie dans le Brabant wallon. Parcours.

John Hooijschuur quitte Chastre

Cet homme de caractère, têtu, jusqu’au-boutiste, a toujours géré son infrastructure comme si c’était son affaire © René Breny

PORTRAIT

Ecrin de verdure baigné par le Nil sur le territoire de Chastre, mais à l'orée de Walhain, avec quelque 50 chambres et 11 salles de réunion de diverses capacités, l'endroit reste discret. À l'abri des regards et peu connu des autochtones. Pourtant, le « Training Centre » de BNP Paribas Fortis, nom placé sur des panneaux indicateurs, existe depuis trente-cinq ans, incarné par John Hooijschuur, son désormais ex-directeur, récemment pensionné à 65 ans.

Originaire de Koog aan de Zaan, au nord des Pays-Bas, John Hooijschuur a vite été attiré par le monde de l'hôtellerie et de la restauration. Des humanités commerciales, deux ans dans un centre comme le Heysel, deux ans de service militaire et ensuite, l'école hôtelière de Lausanne, « la meilleure du monde », souffle-t-il. Puis, des stages à Lugano, Zurich, Montreux où il entre comme réceptionniste au Sheraton avant de devenir assistant de la réception. Désireux de franchir un nouveau cap, il est chef réceptionniste de l'Holiday Inn de Francfort. Avant de devenir directeur de l'Holiday Inn de Diegem, à côté de l'aéroport, où il atteint un taux de 92 % d'occupation pour les 300 chambres. Le petit homme à la moustache atypique y rencontre son épouse, Françoise, malheureusement récemment décédée. Institutrice à Schaerbeek, elle habitait Corroy-le-Château. Elle fut son lien avec le Brabant wallon qu'il intégra, sans plus jamais le quitter. Tout en étant au Training Centre, il prend aussi des responsabilités chez Accor pour d'autres hôtels.

Arrivé à Chastre, « l'immigré que j'apprécie le plus », dixit le bourgmestre Claude Jossart, il participa bien vite à la vie sociale de trois communes. Dès 1979, dans des services clubs, puis le Lion's club guibertin, le comité des parents, les Amis de la Tour de Corbais. « Tu t'intègres et puis, tu ne sais plus partir… Un peu comme une chaîne autour du cou. Mais je ne regrette rien », poursuit ce père de Caroline (32 ans) et de Xavier (30 ans). Jusqu'en 1964, l'endroit était occupé par un sanatorium des anciens combattants de la première guerre. Abandonnés, les bâtiments et le site de 6 ha furent rachetés en 1974 par la CGER qui les rasa pour construire son centre de formation inauguré deux ans plus tard. Un hôtel privé en quelque sorte, mais avec tous les services requis, tout en étant fermé le week-end. « Nous réalisons une moyenne de 80 à 100 nuitées, avec un taux d'occupation de plus de 70 % », confie John Hooijschuur qui en prit la direction d'exploitation en 1976 pour la compagnie Wagons Lits. Celle-ci fut reprise en 1992 par Accor, la même année que Fortis reprit la CGER. Entièrement rénové en 1988, le « Training Centre » changea encore de nom en 1998 quand la Générale fut reprise par Fortis et dix ans plus tard lors de l'arrivée de BNP Paribas.

Si l'hôtel s'est peu ouvert à l'extérieur, il a quand même accueilli des sociétés, des mutualités, parastataux. Sans oublier les stages du Sporting de Charleroi, sponsor oblige, qui recevait des cercles étrangers huppés comme la Juve et Liverpool. D'ailleurs, cet homme de caractère, têtu, jusqu'au-boutiste, a toujours géré son infrastructure comme si c'était son affaire. « Ici, les gens ne sont pas un numéro, ils doivent se sentir chez eux. »

Ses meilleurs souvenirs, il les garde avec son personnel. « C'est grâce à eux que je suis resté ici et que j'ai poursuivi ma collaboration avec BNP Paribas. Car j'ai toujours eu la bougeotte dans ma vie ». Et ses collaborateurs, il a toujours voulu qu'ils soient du coin. Aujourd'hui, ils sont seize équivalents temps plein à travailler dans ce site au véritable microclimat. Il se trouve dans une cuvette. « Il peut pleuvoir à Corbais et à Chastre. Ici, il fait sec », sourit le pensionné… Aujourd'hui, le Liégeois Marc Martens (47 ans) lui succède comme directeur d'exploitation. « Venir après lui, c'est cela le réel défi… »