Dan Gagnon, vainqueur du rire à Bierges

JEAN-PHILIPPE DE VOGELAERE

lundi 23 avril 2012, 09:52

Le premier vainqueur québecois du Festival. Il vit en Belgique depuis sept ans et parle presque comme nous. Son premier contact fut celui de Louvain-la-Neuve. Il en parle beaucoup...

Dan Gagnon, vainqueur du rire à Bierges

Debout et avec un micro, presque sans effet de manche Dan Gagnon pratique le « stand-up » cher aux humoristes d’Amérique du Nord A découvrir ! © RENÉ BRENY

Il est arrivé du Québec il y a sept ans, suivant une étudiante de l'UCL venu faire un Erasmus dans son pays et dont il est toujours amoureux. Son premier contact avec la Belgique fut celui avec Louvain-la-Neuve : « Il y avait deux types de population. De 10 h à 18 h, il y avait les étudiants, et de 18 h à 10 h, il y avait les alcooliques. Et pourtant, c'étaient les mêmes ! Je me suis tout de suite demandé pourquoi cette ville était piétonne. Après deux semaines, j'avais compris. Entre boire et conduire, les gens n'ont pas hésité longtemps… »

Dan Gagnon portait sans le savoir un nom de famille prédestiné. Pour lui, Gagnon n'est jamais au Québec qu'un nom de famille aussi connu que celui de Dupont en France. Depuis, samedi soir, il est aussi celui qui lui a permis de remporter le Grand Prix et le Prix de la presse du 22e Festival du Rire de Bierges, parrainé par le journal Le Soir. Sa houppe à la Tintin en était tout émoustillée.

De « Sans chichis » au Cirque royal

« Ce qu'il y a de terrible dans ce pays, c'est que tout est permis et que tout le monde vous laisse faire ce que vous avez envie de faire, nous commentait-il après avoir reçu son prix des mains de José Géal, dit Toone, le président du jury. Il y a ici un côté relax qu'il n'y a pas chez moi. Allez tenez, quand j'ai décidé de louer tout seul le Cirque royal pour faire mon spectacle le 7 mai, personne ne s'est interposé. Et à ce jour, j'ai déjà 1.167 réservations. Il n'en reste plus que 800 et des poussières. Il va falloir être fort maintenant... »

L'homme de l'émission « Sans chichis » sur la RTBF aura depuis un an visité toute la Wallonie : « Elle a vraiment une image qui ne lui correspond pas. J'ai découvert des paysages comme chez moi, incroyable ! Du côté de Thuin par exemple. Ce matin, je me suis encore perdu du côté de Pepinster pour aller acheter un beagle, c'est à se demander pourquoi aller en vacances en France. »

Mais c'est sur Louvain-la-Neuve que celui qui a fait des études de communication à Québec et qui a travaillé au début au Rabelais, revient sans cesse : « C'est vraiment un drôle de nom pour une ville. Il ne fallait pas avoir l'esprit sobre pour y penser. On m'a expliqué que l'université avait été éjectée de Louvain, en Flandre. Mais pour moi, c'est vraiment tendre l'autre joue. Cela aurait été mieux “Fucking Louvain” ou “J'emmerde la Flandre”, non ? »

Et de se moquer aussi par exemple dans son « stand-up » de nos ronds-points : « Je devais aller de Louvain-la-Neuve à La Hulpe. En sortant de la ville, j'ai fait plusieurs fois le tour du rond-point, hésitant entre Namur et Bruxelles. J'ai eu de la chance, mais sur l'autoroute, il n'y avait que des panneaux “Terhulpen” ! Qui a eu cette idée de génie ? »