GPSoir : les maisons du peuple

ERIC DEFFET

samedi 28 avril 2012, 11:25

Envie d'une promenade, de découvertes originales et de patrimoine méconnu à l'occasion de ce long week-end du 1er mai ? Notre album photos et notre Google Map

GPSoir : les maisons du peuple

Saint-Gilles Photo Pierre-Yves Thienpont

Le Soir vous invite cette semaine à sortir des sentiers battus et rebattus : partons ensemble à la découverte des maisons du peuple de Bruxelles ou de Wallonie. Ou plutôt de ce qu'il en reste… La désindustrialisation de nos régions, l'individualisme forcené de leurs habitants ou le mépris des autorités publiques pour ce patrimoine à caractère social ont souvent eu raison de ces lieux qui dominèrent longtemps la vie associative dans la plupart des communes du sud du pays.

Un ouvrage de référence

Un remarquable ouvrage publié en 2010 fait référence en la matière : « Les maisons du peuple de Wallonie », de Françoise Fonck (1). Un simple coup d'œil sur la deuxième partie du livre, le répertoire des bâtiments, donne une idée de l'ampleur du phénomène : longtemps, les immeubles produits par le mouvement ouvrier se comptaient par centaines dans nos villes et nos villages. Des maisons du peuple bien sûr, mais aussi des magasins coopératifs, des salles de spectacles, des maisons syndicales, des maisons des huit heures…

Ces lieux souvent construits au début du XXe, au plus fort des revendications sociales, rythmaient la vie locale, au gré des crises, des grèves et des revendications, mais aussi des victoires et des fêtes, comme celle du Travail, que l'on célébrera mardi. Elles étaient surtout le théâtre de toutes les solidarités à travers le mouvement coopératif. Un chiffre impressionnant, donné par Françoise Fonck elle-même : en 1959, l'Union coopérative de Liège rassemblait à elle seule 397 magasins coopératifs dans la province et dans celle voisine du Luxembourg.

Patrimoine à visage humain

Il y a 25 ans, un recensement des maisons du peuple en Wallonie avait identifié 148 bâtiments. Beaucoup d'autres ont disparu – à Bruxelles, on ne peut pas passer sous silence le mauvais sort réservé à la maison du peuple de Victor Horta, au Sablon. Certaines ont perdu leur âme militante ou ont été saccagées par des transformations successives. D'autres encore ont été reconverties en bureaux, en commerces ou en logements. Mais ouvrez l'œil : il doit bien y avoir près de chez vous une façade où sont gravés les mots « coopérative » ou « maison du peuple », comme une signature pour l'éternité.

Mais il demeure ici ou là quelques-uns de ces témoins de pierre des luttes ouvrières qui valent encore le détour. On y vit, on s'y amuse, on y débat aussi des grandes questions de société autour d'un verre démocratique. Et c'est à leur découverte que nous vous emmenons aujourd'hui.

A Bruxelles, la maison du peuple de Saint-Gilles est devenue un haut lieu de la vie nocturne. Dans l'entité de Dour, trois maisons du peuple presque voisines, dont certaines classées, restent le théâtre d'un nombre incroyable d'activités. A Charleroi, la maison des huit heures est un lieu de rendez-vous : le scotch y est incomparable.

Au-delà d'une architecture très typée et qu'il faut veiller à conserver, les maisons du peuple sont surtout un patrimoine à visage humain. Pousser la porte, s'accouder au bar, assister à un concert de l'harmonie : il s'agit chaque fois d'une plongée salutaire dans la réalité des gens de chez nous.

(1) Publié par l'institut du patrimoine wallon, 25 euros.

Les maisons du peuple : notre album photos.

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