La prison va bientôt être sécurisée

FREDERIC DELEPIERRE

mardi 08 mai 2012, 11:12

Nivelles. De la drogue, des téléphones et des armes sont jetées dans le préau depuis le chantier RER. La ministre annonce des travaux de sécurisation qui commenceront pour la fin de l'année. Elle refuse pour l'instant de dire lesquels. Mais la police va encore être sollicitée...

La prison va bientôt être sécurisée

Une ministre de la Justice, une gouverneure, un bourgmestre, un chef de zone et un procureur du Roi, notamment : la future rénovation de la prison de Nivelles méritait bien qu’une délégation de haut niveau se déplace ©

Il est 16 heures tapantes. La porte métallique bleue de la prison de Nivelles s'ouvre. Costumes et tailleurs font leur apparition. Pour sûr, il ne s'agit pas d'une sortie collective de détenus. Point commun à toutes ces éminences, le large sourire qu'elles arborent. En tête de groupe, la ministre de la Justice Annemie Turtelboom (VLD). Elle est suivie de la gouverneure du Brabant wallon, Marie-José Laloy, du procureur du Roi de Nivelles, Jean-Claude Elslander, du bourgmestre aclot Pierre Huart (MR) et de son échevine Valérie De Bue, du chef de zone de la police Nivelles-Genappe, Pascal Neyman et de représentant de la Régie des bâtiments, d'Infrabel, etc. Au total, une délégation de 31 personnes.

Attendue de longue date, cette visite de la ministre était souhaitée par la gouverneure. Pas question ici de problème de surpopulation carcérale et d'état de délabrement du bâtiment. Il est par contre question de sécurité. Depuis le début de l'imposant chantier de construction du RER voisin, les problèmes sont légion. « Les nouveaux quais de la gare surplombent les murs d'enceinte de la cour de la prison, rappelle Pierre Huart. Des connaissances de certains détenus font donc parvenir des sachets de drogue, des téléphones voire des couteaux. Le 13 juin 2011, nous avons même dû faire face à une évasion. » Le mois dernier, un muret en béton de plus de deux mètres de haut a été construit sur le quai mais il ne suffit pas. « Les truands sont capables de lancer des boulettes dans le préau avec une raquette de tennis s'il le faut », ironise un policier.

Ce lundi, raison de tous ces larges sourires, « une solution a été trouvée, lance Annemie Turtelboom, mais nous n'en dirons rien. Le dossier est mûr. Toutes les solutions techniques ont été mises sur la table. Un groupe de travail a été mis sur pied pour choisir la meilleure et la moins coûteuse pour le budget de l'Etat. Il rendra sa décision fin mai. Les travaux de sécurisation devraient, eux, commencer en décembre. »

Quel renfort policier ?

« Plusieurs solutions ont été présentées, avance le bourgmestre, mais toutes n'étaient pas satisfaisantes. N'oublions pas qu'il y a toute une procédure administrative à respecter aussi. »

Réjouissante pour la Ville, cette sécurisation de la prison ne va cependant pas sans poser un problème relevé par la ministre de la Justice en personne. « Pendant toute la durée des travaux, les polices locale, fédérale et la réserve fédérale devront venir renforcer la surveillance de l'établissement. »

« La police locale ne peut pas en faire plus, réagit le bourgmestre. Elle passe déjà beaucoup trop de temps dans la prison au lieu d'effectuer ses propres missions. »

« Mais il faut passer par là, ponctue la gouverneure. Ces travaux sont indispensables pour la dignité des détenus et des gardiens. »