Le ri des Goutailles recoule à neuf

JEAN-PHILIPPE DE VOGELAERE

mardi 15 mai 2012, 08:50

Cours d'eau. Cent cinquante ouvrages d'art à restaurer sur la Dyle et la Gette. Il a fallu rechercher tous les propriétaires. Un travail fastidieux.

Le ri des Goutailles recoule à neuf

Un muret de soutènement permet aux eaux de source provenant du golf de Rigenée et des champs avoisinants de s’écouler librement dans le ri des Goutailles © RENÉ BRENY

Les limousines du maïeur ne se trompent pas. C'est bien dans l'eau pure du ri des Goutailles que les vaches viennent s'abreuver juste avant qu'elle ne se mélange dans le ry Sainte-Catherine qui contient les eaux usées du village et qui va se jeter un peu plus loin dans la Thyle.

Nous sommes dans l'entité de Villers-la-Ville, en contrebas de la rue du Châletet, dans un chemin arboré qui mène à l'arrière du golf de Rigenée. Là, la commune, sous l'impulsion du Contrat de rivière Dyle-Gette auquel Villers-la-Ville vient d'adhérer, a juste fini de réparer la buse et le mur de soutènement qui permet aux eaux de source de mieux s'écouler du golf et des champs. Le tout s'était écroulé au fil du tassement naturel opéré par le temps.

« Trois hommes, deux jours de boulot, note le bourgmestre Emmanuel Burton (MR). Cela ne coûte pas très cher et le travail est directement visible. Un autre chantier de ce type sera réalisé l'an prochain à Sart-Dames-Avelines. »

Au total, sur l'ensemble des cours d'eau de la Dyle et de la Gette, ce sont 150 ouvrages d'art de ce type qui ont, vont ou doivent être restaurés par leur propriétaire. Et ce, sur base d'un inventaire des atteintes aux cours d'eau qui a été réalisé en… 2001.

Mais comme l'indiquent Jean-Marie Bastin, collaborateur du député provincial Alain Trussart (Écolo), et Isabelle Delgoffe, « le plus délicat aura été de retrouver tous les propriétaires des ouvrages d'art. Un travail de longue haleine puisqu'il existe des copropriétés, des ouvrages établis sur deux parcelles distinctes, des cadastres inexistants… »

Cela vise 64 ponts et parapets, 47 murs et maçonneries diverses, 10 vannes, moulins ou biefs, 23 passerelles, 5 voûtes ou encore 1 seuil.

Éviter les catastrophes

L'objectif de cet inventaire est de pallier le manque d'entretien qui peut provoquer des catastrophes : « Mal entretenues, ces constructions ne remplissent, en effet, plus leur rôle, de franchissement, de maintien, de sécurité… Elles provoquent une insécurité pour les usagers et peuvent en outre constituer un obstacle à l'écoulement des eaux, à la stabilisation des berges et risquent ainsi de favoriser le débordement des eaux et de créer des inondations. »

Sanctions à la clé

Grâce à ce travail de recherches des propriétaires réalisés par le Contrat de rivière, les gestionnaires vont désormais savoir à qui s'adresser. Pour la Dyle-Gette, la Province est concernée par quelque 90 ouvrages, les villes et communes par une trentaine d'ouvrages et les propriétaires privés par une quinzaine. Et de rappeler que le propriétaire qui ne veille pas à ce que son ouvrage d'art fonctionne en conformité aux instructions qui lui sont données par le gestionnaire commet « une infraction punissable d'une peine d'amende pénale ou administrative d'un montant pouvant allant jusqu'à 1.000 euros, voire 100.000 euros selon les cas de figure. Et en cas de récidive, la sanction peut être plus sévère… »