« Un service public performant »
JEAN-PHILIPPE DE VOGELAERE
mercredi 13 juin 2012, 10:43
Ways. De 150 compteurs en 1912 à 77.408 cent ans plus tard. L'Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant wallon a répondu à toutes les exigences et tous les résultats la placent en tête des intercommunales du secteur. L'eau du robinet valait bien un concours de photos.
Alain Gillis boit de leau depuis trente ans dans une institution désormais centenaire © RENÉ BRENY
ENTRETIEN
Tout se passe sous nos pieds. Pourtant, ce sont 7.567.694 m3 d'eau qui ont été produits l'an passé par l'Intercommunale des Eaux du Centre du Brabant wallon (IECBW), laquelle a aussi distribué 11.430.030 m3 d'eau. L'IECBW gère encore 77.048 raccordements dans douze communes du Brabant wallon et une du Hainaut, pour un chiffre d'affaires de 34.688.697 euros en 2011. Entretien avec Alain Gillis, le directeur depuis trente ans de cette IECBW désormais centenaire.
« L'eau est la vie ». Est-ce toujours votre slogan ?
Plus que jamais, même si on va en changer avec le nouveau logo. Mais c'est vrai que peu de gens s'étonnent encore de voir couler de l'eau en ouvrant un robinet. Tout le monde n'a pas cette chance sur cette planète.
À votre arrivée, certains évoquaient la fin de l'IECBW
Sans vilain jeu de mots, l'institution prenait l'eau de toutes parts. Nous étions confrontés à de gros problèmes techniques et financiers, en particulier en termes de qualité de l'eau et de quantité. Il fallait d'urgence construire une station de déferrisation et de démanganisation de l'eau souterraine, construire plusieurs réservoirs d'eau de stockage, protéger les captages, instaurer une prise de secours de la Cibe (Vivaqua aujourd'hui) en cas d'immobilisation des stations de refoulement et, enfin, assurer le traitement bactériologique via un système ultra-violet et de chloration. J'ai ainsi proposé un vaste plan d'investissement de 30 millions de francs belges (745.000 euros).
Aisé sur le plan de la gestion ?
La volonté de l'IECBW est toujours la même que celle de 1912 : permettre à l'ensemble des habitants des communes partenaires de bénéficier d'un service public performant c'est mon objectif d'être au moins aussi performant qu'une société privée délivrant une eau de qualité, provenant pour l'essentiel des nappes souterraines du Brabant wallon, et en quantité suffisante. Nous avons même obtenu plusieurs certifications. Et je me dois de souligner l'important travail technique et administratif qui est réalisé par le personnel, chaque jour, 24 heures sur 24.
Avec quel résultat ?
Nous affichons un des meilleurs rendements des réseaux d'eau potable en Région wallonne grâce à une recherche efficace des fuites la perte est aujourd'hui de 10 % contre une moyenne du secteur de 25 % et un taux important de renouvellement de nos réseaux. Nous avons même le pourcentage de raccordements en plomb encore à remplacer le plus faible (plus que 2,7 %). Nous proposons un coût vérité le plus bas des six principaux distributeurs d'eau wallonne, avec une évolution inférieure à l'évolution du coût de la vie. Nos bénéfices sont immédiatement réinvestis en totalité dans le réseau. Donc peu de recours à l'emprunt, ce qui fait qu'on pourrait rembourser nos dettes en moins de quatre ans. Beaucoup de communes ont voulu nous rejoindre, même Nivelles que nous avons dû refuser alors car nous n'étions pas prêts à assumer une reprise aussi importante.
Et aujourd'hui ?
En tant que troisième distributeur en Région wallonne, nous avons évidemment des ambitions. Notre intention est de couvrir rapidement La Hulpe dans sa totalité, y compris le quartier de la Corniche. Et déjà, nous allons reprendre en 2013 la gestion complète de Braine-l'Alleud.