La foule, le nez dans la bataille

JEAN-PHILIPPE DE VOGELAERE

lundi 18 juin 2012, 10:15

Reconstitution. Douze mille personnes en un week-end. 4.000 visiteurs dans les bivouacs, 5.000 dans les prairies d'Hannotelet et 3.000 dans les rues de Waterloo. Le week-end est passé de la pluie au soleil. Avec des images dans les mémoires, comme la revue des troupes de Napoléon au flambeau ou le défilé de la victoire de Wellington.

La foule, le nez dans la bataille

Même si les cavaliers français ont été les seuls à oser s’aventurer dans les prairies d’Hannotelet détrempées par les pluies de ces derniers jours, rien n’y a fait Dans ce reportage photographique de Ren&

La guerre a changé. Le duc de Wellington l'a bien compris en entrant dans le musée qui porte son nom puisqu'il n'a même pas signé la dépêche signifiant qu'il avait remporté la bataille. Le public l'avait fait avant lui, en envoyant au monde, via leur tablette ou leur téléphone, les photos de la retraite dans les champs de Maransart et la montée des troupes victorieuses le long de la chaussée de Bruxelles. Même l'échevin du Tourisme de Waterloo, Yves Vander Cruysen (MR) signalait par Facebook que les troupes auraient une heure de retard, tandis que des conseillers comme Myriam Tamagni (MR) tweetait l'info à ses correspondants.

« Je ne comprends pas les Français, s'étonnait encore Ronald Brighouse, alias Wellington. Cela fait des années qu'on tente de leur expliquer qu'ils vont perdre… »

Préparer déjà 2015

Pourtant, la veille au pied de la Butte, Franck Samson, alias Napoléon, était confiant : « Mes troupes sont prêtes. Bien sûr, on est tous trempés, jusqu'à l'os, comme il y a près de 200 ans, la veille de la bataille, mais le moral est bon. » Et les hommes du 8e de Ligne de crier « Vive l'Empereur », pendant que six d'entre eux montaient, flambeau en main, en haut de la Butte rejoindre quelques intrépides anglais.

Il était 22 h 45 quand tout le monde rentrait dans son bivouac. Malgré le peu de monde présent vu le temps exécrable, Yves Vander Cruysen était même heureux : « J'ai pu réunir Napoléon et Wellington en un même lieu. En 2015, mon intention est d'y adjoindre Blücher. Les reconstituants bien sûr, mais aussi les descendants de ces trois illustres personnages de la bataille de Waterloo ! »

Dimanche, à 10 h, le soleil était là et quelque 5.000 personnes, selon la police de Lasne, avaient fait le déplacement sur les prairies d'Hannotelet pour assister aux escarmouches imaginées par le Tubizien, Franky Simon, alias Maréchal Ney : « C'est ce qui s'est produit un peu partout sur le champ de bataille lors de la retraite. Le lieu s'y prête bien. Les gens ont une belle vue sur ce qui se passe. J'ai repris l'idée de la reconstitution de Borodino. » L'homme était passablement énervé et, en abandonnant son bicorne détrempé qui ne tenait plus sur sa tête, a lâché : « Ce sont des bras cassés ! » Un coup de gueule sur ses hommes, mais aussi sur les chemins envahis par les flaques qui ralentissaient les mouvements des troupes et sur le public qui s'était entassé sur le chemin de Camusel, empêchant ainsi les reconstituants d'entrer sur les lieux des combats.

Un public, le nez dans les escarmouches, comme Valentine de Nivelles : « Je suis venu pour mon fils, qui a déjà vu le musée et est monté sur la Butte. Il est enchanté. » Et son Guillaume de 5 ans de conclure : « C'est super les coups de feu entre les Français et les Anglais. On se croirait dans la bataille ! »