Le « cercle » du chêne pédonculé

JEAN-PHILIPPE DE VOGELAERE

mardi 26 juin 2012, 10:15

L'absorption du CO² par les chênes sera étudiée sur une longue période. La diversité de la forêt de Soignes sera également priviligiée. Six mille plants d'autres espèces seront encore plantés en hiver.

Le « cercle » du chêne pédonculé

Jean-François Plumier et les agents du cantonnement de Nivelles du département Nature et Forêt de la Région wallonne vont suivre de près la lente « révolution » des chênes pédonculés © J-P DV

Les tuteurs blancs dominent encore dans le paysage. Le long, des chênes pédonculés de deux ans d'âge entament leur longue ascension vers les nuages. Ils poussent dans deux cercles, avec un écartement qui s'agrandit de 14 centimètres à 18 mètres dans une sorte de pointillisme sylvestre qui va permettre d'étudier leur croissance, leur absorption de CO2 et leur interaction dans l'écosystème.

Délibère-toi

Anaïs Cornet, 15 ans, collège Notre-Dame

« Ce lundi, j'ai pu découvrir le métier de journaliste dans le cadre de l'action "Délibère-toi". C'est ainsi que je suis entrée pour la première fois dans le domaine Solvay, à La Hulpe. Qu'est-ce que c'est grand et beau ! Cela a surtout été l'occasion d'aller découvrir une forêt de chênes pédonculés à l'arrière du château. Moi qui suis plutôt adepte de la lecture et qui voyage plus par l'imagination, j'ai découvert des gens passionnés par leur métier. C'est important de sauvegarder l'écosystème et le futur de la Terre. Et à voir ces gens caresser les arbres, cela me donne envie de revenir dans dix ou vingt ans dans cette parcelle de trois hectares pour découvrir comment cette forêt aura évolué. Dire que ces arbres vivront beaucoup plus longtemps que moi ! Ils doivent en vivre des aventures… Pour un prochain roman ? »

Nous sommes au bout du chemin de la Longue Queue, proche du carrefour de la drève de la Meute, à l'arrière du château du domaine régional Solvay. Là, sur trois hectares, trois mille chênes pédonculés ont été plantés grâce à l'aide financière de la marque automobile Audi dans le cadre d'une étude scientifique de cent ans menée par l'université technique de Munich, avec l'aide d'universités belges à déterminer.

« Nous avons dû nous résoudre à mettre à blanc la peupleraie qui mourait ici, nous explique Jean-François Plumier, le chef de cantonnement de Nivelles du département Nature et Forêt qui s'occupe de toute la partie boisée du Domaine Solvay depuis qu'en 2003, le site est passé en soumission forestière. Nous allons à présent suivre de près ces chênes pendant dix ans. Notamment pour remplacer ceux qui viendraient à mourir, mais aussi pour les protéger des rongeurs, des cervidés ou d'autres plantes. Par la suite, nous analyserons l'apparition naturelle – par le vent ou les oiseaux – d'autres arbres, comme le saule, le frêne, le bouleau… C'est la diversité qui est visée. »

D'où la plantation en hiver de 6.000 autres plants. Selon le ministre wallon de la Forêt, Carlo Di Antonio (CDH), cela ira des tilleuls aux érables champêtres en passant par des ifs, des merisiers et autres chênes Cécile.

« Et contrairement à ce que l'on pense, il ne s'agit nullement d'une histoire de certificats verts, précise Christine Germain, la responsable de communication d'Audi Brussels. Nous voulons juste démontrer notre préoccupation environnementale et notre souci d'améliorer nos sites de production en faveur de l'environnement. De telles forêts ont ainsi déjà été plantées en Allemagne, en Hongrie et en Italie. »