Un toit loin du pays

RENAUD DE HARLEZ

vendredi 03 août 2012, 10:34

Un toit loin du pays

La commune de Tubize a été choisie pour un projet de maison de retour Ces maisons permettent à des familles d’étrangers de séjourner loin des centres fermés © R DH

En 2008, la commune de Tubize a été choisie pour un projet de maison de retour. Ces maisons, qui sont en fait d’anciennes résidences de gendarme, permettent à des familles d’étrangers de séjourner durant quelques semaines pendant que l’administration prépare le retour dans leur pays. Elles accueillent également des familles qui ont demandé l’asile à la frontière.

« Ces maisons de retour, même s’il faut plutôt parler d’immeuble dans le cas de Tubize, sont en fait des alternatives à la détention de familles », explique Muriel Hulpiau chef de service à l’Office des Étrangers.

En fait, en attendant d’être expulsés du territoire belge, les étrangers qui ont séjourné illégalement dans notre pays ou dont la demande d’asile et les recours ont échoué sont placés dans des centres fermés.

Ces endroits qui s’apparentent à des prisons pour étrangers ne conviennent pas aux mineurs. « Depuis février 2012, il est interdit de détenir des mineurs en centre fermé », clarifie Muriel Hulpiau. Le projet de maison de retour a donc été lancé à Tubize pour la Wallonie. « Les familles sont placées dans des appartements à Tubize. Elles doivent néanmoins revenir avant 22 heures », raconte Johan, le coach de ces maisons.

Il rajoute « il y a quand même quelques évasions. 20 % des pensionnaires de ces maisons s’enfuient pour retourner dans l’illégalité. »

Le projet initialement lancé à Tubize pour la Wallonie rencontre un beau succès, ce qui va pousser l’Office des Étrangers à ouvrir de nouvelles maisons de retour. « Nous cherchons des bâtiments mais ce n’est pas évident d’en trouver. Il faut qu’il soit en bon état », rajoute Muriel Hulpiau.

Pour l’année 2011, ce sont 137 familles, soit 463 personnes, qui ont été placées dans ces maisons de retour. « Actuellement il y a deux familles demandeuses d’asile, une Syrienne et une Palestinienne. Il y a également une famille ukrainienne qui doit être renvoyée en Tchéquie », explique Johan.