Toujours plus d'ivresse en rue

JEROME BRYS

jeudi 09 août 2012, 09:08

Sécurité. En Brabant wallon, 399 P.-V. dressés en 2011. Soit 25 % en plus.

Toujours plus d'ivresse en rue

Les mentalités et les comportements évoluent au fil des ans Ainsi, la prolifération des night-shops ou autre stations services – où on trouve de l’alcool – participe aussi à l’augmentation des personnes ivres

Les problèmes de l'alcool en rue et de l'ivresse publique ne datent pas d'hier. Et ne s'améliorent pas. Entre 2010 et 2011, en effet, on constate une nette augmentation du nombre de P.-V. pour ces faits en Brabant wallon. En 2010, 310 procès-verbaux avaient été dressés. Ce chiffre est monté à 399 l'année dernière. Près de 25 % en plus.

LES CHIFFRES

Seules trois communes à la baisse

– Waterloo Les faits d'ivresse publique sont passés de 51 en 2010 à 37 en 2011.

– Ittre Grosse diminution entre 2010 (10) et 2011 (2).

– Tubize 7 faits en moins entre 2010 (51) et 2011 (44).

+ Braine-l'Alleud Les chiffres ont augmenté de 61 en 2010 à 95 en 2011.

+ Genappe Du simple au double: 20 P.-V. en 2011 contre 10 en 2010.

+ Nivelles Les faits d'ivresse publique ont fortement augmenté pour passer de 103 en 2010 à 168 l'année passée.

+ Braine-le-Château La tendance reste stable avec 9 P.-V. dressés en 2010 et 13 en 2011.

+ Rebecq 20 P-.V ont été rédigés en 2011, 15 l'année précédente.

Le phénomène est perceptible : il suffit de jeter un bref regard autour de soi en rue pour se rendre compte qu'il y a de plus en plus de personnes, jeunes ou moins jeunes, entrain de boire sur la voie publique.

« Effectivement, les chiffres tendent clairement à confirmer cette hypothèse », explique le commissaire divisionnaire Vanhaeren de Braine-l'Alleud. « Il y a tous les jours des personnes ivres sur la voie publique, il y en a tous les jours. Encore plus lorsqu'il fait chaud. Mais un P.-V. n'est pas toujours rédigé. Cela dépend aussi du comportement de la personne », poursuit Michel Vandewalle, le commissaire waterlootois.

En effet, si la personne arrêtée se montre coopérative avec les forces de l'ordre, elle peut éviter l'amende. Mais dans le cas contraire, c'est le procès-verbal assuré. Cela montre aussi la relativité des chiffres qui pourraient encore être bien plus élevés si les policiers dressaient systématiquement un P.-V. lorsqu'ils procèdent au contrôle d'une personne ivre en rue. Les mentalités, tout comme les comportements, changent au fil des ans. Ainsi, la prolifération des night-shops ou autre stations services – où on trouve de l'alcool – participe aussi à l'augmentation des personnes ivres sur la voie publique.

« Je me rappelle avoir été dans une vidéothèque. Dans la file d'attente pour arriver à la caisse, il devait y avoir une dizaine de personnes. J'étais le seul avec un film. Les autres personnes achetaient des cigarettes ou des bouteilles d'alcool », se souvient Jean-François Gosselin, commissaire de police de la zone Nivelles-Genappe.

Mais comme le rappelle Michel Vandewalle : « Il ne faut pas non plus incriminer systématiquement les night-shops. Ils ont un règlement qui est respecté. Les jeunes achètent aussi leurs bouteilles dans les grandes surfaces. » Quoi qu'il en soit, ce phénomène d'ivresse publique ne cesse de croître dans la région. Les chiffres (voir ci-contre) sont assez éloquents et la police reste d'ailleurs très attentive à cette problématique.