Oui, Bruxelles est une ville de chômeurs

Rédaction en ligne

samedi 09 avril 2011, 14:20

« Le Soir » publie ce samedi le premier volet de sa série consacré aux clichés autour de Bruxelles. Sont-ils fondés ? Premier cliché à être passé à la loupe : Bruxelles, ville de chômeurs ? Réponse dans l’édition de ce week-end – Relisez le chat avec Benoît Cerexhe, ministre bruxellois de l’Emploi

Oui, Bruxelles est une ville de chômeurs

©Pierre-Yves Thienpont – Le Soir

La question : Bruxelles, ville de chômeurs ? Tout le monde souhaiterait une réponse négative. Hélas, ce cliché n’est pas faux. Les chiffres sont désastreux : en 20 ans, le nombre de chômeurs a augmenté de 129 %. Sur dix ans, l’augmentation atteint 50 %, alors que la population n’a augmenté que de 16 %.

Résumé du chat :

Voici une sélection de questions-réponses. Relisez l’intégralité du chat ci-dessous.

Inaki : Ne pensez-vous pas (…) que des postes sont ainsi dire « volés » à une certaine partie de la population bruxelloise.

Benoît Cerexhe : La vraie cause du chômage à Bruxelles est essentiellement due à un problème de qualification. 65 % des demandeurs d’emploi n’ont pas leur diplôme d’humanités et 90 % sont unilingues francophones.

Maimai : la faute aux profs ?

Benoît Cerexhe : Non, ce n’est pas la faute aux profs. La faute à notre perception du néerlandais… Je plaide depuis longtemps pour la généralisation de l’enseignement par immersion linguistique à Bruxelles. Je pense que l’on devrait aller dans cette direction. ?

Christine : Je pense que le travail serait grandement encouragé si les salaires étaient plus attractifs. Quand on a un tout petit salaire et des enfants en âge de crèche, ce qui coûte très cher, que reste-t-il d’un petit salaire pur vivre ? (…)

Benoît Cerexhe : Vous avez raison ; il faut lutter sans cesse contre ce que nous appelons les pièges à l’emploi. Le gouvernement fédéral a déjà travaillé à accroître le différentiel, mais ce n’est pas encore suffisant. Je pense que nous devons d’ailleurs réfléchir à une nouvelle forme de répartition de la masse salariale glanée par un travailleur tout au long de sa carrière professionnelle, afin qu’il puisse toucher un peu plus à l’entrée dans la vie active et un peu moins qu’aujourd’hui en fin de vie professionnelle.

Le chômage des jeunes reste énorme : 30 % dans la Région, 40 % dans la commune la plus affectée, Molenbeek. Comme si cela ne suffisait pas, le chômage de plus de 50 ans augmente dangereusement, depuis quelques mois. Cette situation, qui ne semble pas sous contrôle dope la pauvreté et creuse la fracture entre les plus riches et les plus pauvres.

Le défi reste énorme. Vu la pression démographique dans la capitale, il va falloir créer 1.000 emplois tous les mois, à Bruxelles. Mission impossible ? Tous les détails, chiffres et analyses dans « Le Soir » de ce samedi.