Grimbergen : « Un exercice de langue pour l'intégration »

ADRIEN DEWEZ

mercredi 07 décembre 2011, 12:11

La bourgmestre de Grimbergen explique pourquoi elle a décidé d'inviter les habitants de la commune à dénoncer les commerçants qui parleraient français.

Grimbergen : « Un exercice de langue pour l'intégration »

DR

Depuis quelques jours, la commune de Grimbergen invite ses habitants à déposer plainte si un commerçant de la commune est surpris à parler dans une autre langue que le néerlandais. Un appel à la délation pour certains, « une mesure scandaleuse » selon la présidente du syndicat neutre pour les indépendants, et néerlandophone, Christine Matheeuws. Injoignable la veille, la bourgmestre de Grimbergen, Marleen Mertens (CD&V), nous a expliqué le pourquoi d'une telle mesure. « On fait des actions depuis des années pour conserver le caractère flamand de Grimbergen. Il ne s'agit pas d'une délation. Je vous donne un exemple : quand vous allez au restaurant, le menu ne peut plus être bilingue. S'il l'est, vous pouvez déposer une plainte. » Le but, selon Marleen Mertens, est d'accepter la langue du territoire à travers toutes les inscriptions et informations commerciales. Pas de légumes affichés en français au marché, un menu en néerlandais au restaurant, etc. « Il s'agit d'une mesure normale. Si je vais en Wallonie, j'achète en parlant le français. C'est la même chose en Flandre. C'est un exercice de langue, les gens peuvent s'exercer au néerlandais et ainsi faciliter leur intégration ».

La mesure ne s'applique heureusement pas à toutes les interactions humaines. Interrogée, la bourgmestre assure qu'une conversation entre deux habitants ne peut pas faire l'objet d'une plainte d'une tierce personne qui l'aurait entendue. Cette mesure, « comme un cours de néerlandais », renvoie à une réalité autant qu'un certain fantasme : la périphérie est peuplée en partie de francophones, dont un certain nombre ne parle pas la langue de Vondel, alors que beaucoup d'autres la maîtrisent. Reste que, face à l'augmentation du prix des loyers dans la capitale, le « péril » francophone risque encore de faire bien parler de lui dans les années qui viennent en périphérie bruxelloise.