Le « vitrioleur » : « Je voulais la marquer »

Rédaction en ligne

lundi 12 mars 2012, 18:17

L’accusé Richard Remes a annoncé des changements dans sa version des faits « par respect pour la victime ». Jugé pour l’agression de son ex-compagne à l’acide, son interrogatoire a débuté ce lundi.

Richard Remes, 57 ans, le « vitrioleur » a été entendu lors de son interrogatoire devant la cour d’assises de Bruxelles. Son procès s’est ouvert ce lundi matin, d’abord sur une lectures de l’acte d’accusation puis s’est poursuivi avec l’interrogatoire de l’accusé. Il est jugé pour avoir agressé son ex-compagne à l’acide.

Remes a avoué que l’idée de l’agression sur Patricia Lefranc avec de l’acide sulfurique avait « germé dans son esprit au fil du temps ». Il est accusé de tentative d’assassinat sur cette dernière en 2009. Richard Remes avait jeté de l’acide sulfurique au visage de son ex-maîtresse, Patricia Lefranc, le 1er décembre 2009, à Molenbeek-Saint-Jean.

« J’ai employé de l’acide sulfurique pour la voiture de ma fille, ça c’est vrai », a raconté Richard Remes lundi. « Puis j’ai fait effectivement des recherches pour en savoir plus, mais uniquement par curiosité. Je ne sais plus dire ce que j’ai lu exactement. Puis, au fil du temps, l’idée [l’agression avec l’acide sulfurique] a germé dans mon esprit », a-t-il avoué. « Je voulais la marquer », a affirmé l’accusé. « Mais je n’ai jamais imaginé que ce serait si rapide ».

L’accusé changera sa version des faits

Richard Remes a affirmé au début de son interrogatoire, qu’il modifiera certains éléments de sa dernière version. « Vérité avouée, à moitié pardonnée », a commenté le « vitrioleur ». Richard Remes a annoncé qu’il y aurait des changements dans sa version des faits, « par respect pour la victime », a-t-il également précisé.

Richard Remes avait jeté de l’acide sulfurique au visage de son ex-maîtresse, Patricia Lefranc, le 1er décembre 2009, à Molenbeek-Saint-Jean.

Les faits s’étaient déroulés dans l’après-midi, dans l’immeuble où résidaient la victime comme l’accusé, avenue du Sippelberg.

Richard Remes avait usé d’un subterfuge pour faire descendre Patricia Lefranc dans le hall de l’immeuble. Lorsqu’elle était descendue de l’ascenseur, son ancien amant l’attendait et lui avait aspergé le visage et tout le haut du corps d’acide sulfurique, anciennement appelé vitriol.

Patricia Lefranc avait pu être secourue par les employés d’une société voisine de son immeuble. Après avoir souffert le martyre durant de longues minutes, la victime avait été hospitalisée au service des grands brûlés de l’Hôpital militaire Reine Astrid de Neder-Over-Heembeek.

Elle y avait été plongée dans le coma durant 3 mois avant de se réveiller avec de graves séquelles physiques.

Remes revient sur sa rencontre avec la victime

Richard Remes est revenu, avant tout, au cours de l’interrogatoire, sur sa rencontre avec Patricia Lefranc. « J’avais emménagé avec ma femme et mes enfants dans l’immeuble de l’avenue du Sippelberg en 2006 », a-t-il raconté. « Patricia, elle, habitait déjà là. Elle était concierge. Au début, on se disait bonjour, c’est tout », a-t-il poursuivi.

« Puis sa relation avec son ex-compagnon s’est terminée. Et, vers la fin 2008, elle m’a demandé à deux ou trois reprises de venir faire de petits travaux chez elle qu’elle ne pouvait pas faire elle-même. Un jour, je lui ai proposé d’aller prendre un café », a expliqué Richard Remes.

« Au début de l’année 2009, nous sommes donc allés prendre un verre quelque part, puis elle m’a dit ‘on ne va pas continuer à se regarder dans le blanc des yeux’ et ça voulait donc dire ce que ça voulait dire », a précisé l’accusé. « Nous sommes allés à l’hôtel et notre relation a débuté ».

P.VA avec Belga