Le « vitrioleur » sera interrogé cet après-midi

Rédaction en ligne

lundi 12 mars 2012, 12:50

Richard Remes est accusé de tentative d'assassinat à l'acide sulfurique sur Patricia Lefranc. Son procès aux assises de Bruxelles a débuté ce matin. « Acides assises », le récit par Stéphane Detaille

Le « vitrioleur » sera interrogé cet après-midi

Patricia Lefranc, © Belga

Le procès aux Assises de Bruxelles de Richard Remes, âgé de 57 ans, appelé le « vitrioleur », a débuté ce matin par la lecture de l'acte d'accusation. Il se poursuivra cet après-midi avec l'interrogatoire de l'accusé, dès 14h15. Stéphane Détaille, journaliste du Soir, présent sur place, décryptera l'interrogatoire en fin d'après-midi.

Pour rappel, Patricia Lefranc avait été brûlée au 3e degré au visage mais aussi sur tout le haut de son corps après avoir été aspergée d'acide sulfurique, anciennement appelé vitriol, par son ex-amant, Richard Remes.

La victime avait été hospitalisée à l'Hôpital militaire Reine Astrid de Neder-Over-Heembeek, au service des grands brûlés. Elle avait été placée dans un coma artificiel pendant plusieurs mois et avait subi de nombreuses interventions chirurgicales. Elle souffre toujours de graves lésions faciales et de la perte de l'usage de membres.

Les faits s'étaient déroulés le 1er décembre 2009, avenue du Sippelberg à Molenbeek-Saint-Jean, dans le hall d'entrée de l'immeuble où résidaient la victime mais aussi l'accusé. Ceux-ci avaient fait connaissance en tant que voisins puis avaient entretenu une relation amoureuse extraconjugale, Richard Remes étant marié. Cette relation avait cependant pris fin quelques mois avant les faits et Patricia Lefranc s'était plainte de harcèlements de son ex-amant depuis lors.

Richard Remes, se faisant passer pour un livreur, avait sonné chez Patricia Lefranc. Celle-ci n'avait, dans un premier temps, pas voulu ouvrir la porte parce qu'elle ne pouvait pas le voir via la caméra de l'entrée. L'accusé avait sonné une nouvelle fois, Patricia Lefranc n'avait toujours pas voulu ouvrir mais avait accepté de descendre à la porte d'entrée.

Pendant que la victime sortait de son appartement et prenait l'ascenseur, Richard Remes s'était introduit dans le hall d'entrée puis avait jeté de l'acide sulfurique mélangé à de l'eau sur Patricia Lefranc, à deux reprises selon cette dernière. Celle-ci avait été secourue par des employés d'une entreprise voisine alors qu'elle hurlait de douleur dans la rue. Richard Remes, dont le prénom avait été prononcé par la victime lors de sa prise en charge, avait été rapidement soupçonné.

Lorsqu'ils l'ont interrogé chez lui, les policiers avaient découvert une bouteille d'acide sulfurique. L'accusé avait tout d'abord parlé d'une blague qui avait mal tourné. Puis, dans une déclaration ultérieure, il avait affirmé qu'il avait réagi à une humiliation que lui avait fait subir la victime, sur le coup de la colère. Il n'avait pas imaginé, selon lui, que les conséquences seraient aussi graves.

L'accusé avait encore expliqué qu'en diluant l'acide dans de l'eau, il avait imaginé que l'effet serait moins fort. Or, ce mélange provoque une réaction thermique importante, la température du liquide atteignant plus de 100 degrés.

Richard Remes, marié et père de 5 enfants, a un casier judiciaire vierge. Toutefois, les enquêteurs avaient pu constater qu'il avait été inculpé de l'assassinat de la petite fille d'une de ses anciennes maîtresses, en 1988. Il avait bénéficié d'un non-lieu. Cependant, l'enquête avait été rouverte à la suite de la constatation de certaines similitudes entre cette affaire et l'agression de Patricia Lefranc.

(Stéphane Detaille, G.D d'après Belga)