Police et justice en sous-effectifs

MARIE DE SCHRIJVER

jeudi 26 avril 2012, 09:58

Sécurité. Les priorités du FDF. Les quatre bourgmestres FDF établissent un plan d'action pour la sécurité à Bruxelles. Ils rappellent le manque de moyens tant pour la police que pour la justice, et en appellent à la volonté politique pour dégager des moyens.

Police et justice en sous-effectifs

Le renfort policier dans les transports en commun s’est fait surtout grâce aux effectifs locaux ©THOMAS BLAIRON

De nombreuses mesures d'urgence, mais aucune réponse structurelle. C'est ce que déplorent les maïeurs bruxellois FDF (Martine Payfa, Didier Gosuin, Olivier Maingain et Bernard Clerfayt) qui embrayent sur la question de la sécurité à Bruxelles. Et les élus de souligner que, si la ministre de l'Intérieur (Joëlle Milquet – CDH) a pu apporter une réponse rapide aux derniers événements graves qui ont secoué la Stib et Bruxelles, c'est grâce aux forces de police locales (64 équivalents temps plein), déjà en sous-effectifs, et, de facto, détournées d'une série de missions de proximité.

« Le constat apparaissait déjà noir sur blanc en 2007, assènent-ils. Mais les décisions s'enlisent ». Ils ont ensuite pointé les priorités, nécessitant des réponses structurelles, et donc, des moyens financiers qui, soulignent-ils, « sont une question de volonté politique ».

« Il faut d'urgence travailler au recrutement et à la formation des policiers. Il manque près de 800 policiers dans la Région bruxelloise, rappelle Didier Gosuin. Les pistes ? « Développer les filières de formation professionnelle aux métiers de la sécurité. Comme il en existe pour de nombreux autres domaines ! Il faut aussi mieux exploiter cette piste dans le soutien et la formation aux demandeurs d'emploi ». L'objectif étant également d'augmenter la présence de Bruxellois au sein des effectifs policiers sur la capitale.

A la base, les élus demandent que soit revue la norme KUL qui, depuis la réforme en 2000, fixe les effectifs qui seront financés par le fédéral, dans chaque zone belge. « Excepté que le calcul s'est révélé être un échec pour les grandes zones urbaines, telles que celles de la capitale… On a donc fixé l'effectif à celui de l'époque. Entre-temps, Bruxelles a enregistré une augmentation de sa population de plus de 15 %… Nous demandons une révision de cette norme », évoque Bernard Clerfayt. La réponse est venue vite, à l'occasion d'un débat à la Chambre, ce mercredi après-midi. Selon l'agence Belga, Joëlle Milquet y a dit craindre qu'une adaptation de la norme KUL ne soit possible qu'à condition de prévoir des moyens supplémentaires pour la police, ajoutant qu'un groupe de travail se penche sur « une nouvelle proposition pour remplacer la norme KUL ».

Côté justice, les bourgmestres demandent un renfort des effectifs, afin de répondre dans des délais corrects, aux faits de criminalité. « L'arsenal pénal existe et fonctionne, estiment-ils. Ce qui manque, ce sont les moyens humains, et, à l'origine, financiers. Les délais excessifs créent un sentiment d'impunité ».

Autres revendications : pérenniser et harmoniser les métiers de la prévention, doubler la réserve fédérale, au encore « créer une conférence permanente des autorités publiques pour la sécurité en Région bruxelloise, réunissant toutes les parties concernées ». Evoquant l'observatoire de la sécurité créé par la Région, ils s'interrogent sur son fonctionnement. « Son rôle est basé sur la récolte et le traitement des données en matière de prévention et de sécurité, précise le cabinet Picqué. Il travaille actuellement sur l'enquête locale de sécurité, et sur la prévention en matière de sécurité dans les transports en communs. Enfin, un groupe de travail se penche sur les modalités de transfert et récolte des données en vue d'un protocole de coopération avec tous les acteurs de terrain ».