Picqué : « Le développement durable, une priorité »

Rédaction en ligne

samedi 05 mai 2012, 13:06

Charles Picqué énumère dans son communiqué les nouveaux projets 2012 de la Région bruxelloise et les projets en cours.

L’adaptation aux effets de la réforme de l’état sera bien sûr un chantier essentiel. Mais il y en a d’autres.

1 / Nous adopterons cette année le projet du nouveau Plan Régional de Développement Durable. Ce plan mettra l’accent sur des stratégies nouvelles pour répondre aux défis d’aujourd’hui qui exigent des réponses urgentes. Vous les connaissez : l’essor démographique, la croissance économique et l’emploi, la dualisation sociale, l’environnement et l’internationalisation.

Notre vision pour Bruxelles doit prendre forme à la fois dans le PRDD et aussi dans notre réflexion à l’échelle plus large du Brabant tout entier.

Car Bruxelles en se dilatant est devenue de plus en plus le centre d’une grande métropole. Bruxelles n’a jamais été autant dans son histoire le lieu tout à la fois d’un nombre d’emplois qui a dépassé un sommet historique et confrontée à une telle explosion de sa population en si peu de temps.

Bruxelles-Région est de plus en plus une ville-centre. Ce n’est pas sans conséquence de toute nature sur le tissu économique qui se modifie tout simplement car le centre des métropoles accueille des entreprises aux profils plus spécifiques.

Nous voyons des entreprises quitter Bruxelles pour des raisons défendables et d’autres, à vocation internationale et en grand nombre, s’y implanter. C’est là le processus évolutif normal d’une métropole où centre et périphérie se distribuent de manière complémentaire les activités économiques.

La mobilité est aussi un enjeu majeur de cette évolution générale. Et la réduction du trafic automobile est un objectif.

Il nous faut agir par une organisation de la ville en plusieurs pôles où l’habitant trouve, à des distances raisonnables, une offre de services et d’activités diversifiée épargnant les longs déplacements.

Il nous faut, à l’instar de toutes les villes modernes, un réseau de Métro desservant un territoire bien plus large qu’aujourd’hui.

Il nous faut une vraie stratégie à la SNCB à travers le réseau RER et ses haltes intra-bruxelloises.

Il nous faut une stratégie de ravitaillement et de livraison de la ville avec des itinéraires et des horaires spécifiques.

La surchauffe économique, internationale, événementielle et démographique à Bruxelles rend indispensable une nouvelle façon de penser la ville et sa centralité métropolitaine.

C’est pourquoi le refinancement et les nouvelles compétences régionales (je pense à la mobilité) seront sans doute bienvenus pour donner une cohérence à notre nouveau projet de ville.

Mais surtout, nous devons défendre l’habitabilité et la mixité sociale de la Région-ville. Ce seront aussi des objectifs inscrits au sommet des priorités du nouveau Plan Régional.

2 / Le PRDD sera aussi l’occasion de mieux encore positionner Bruxelles comme ville créative, innovante et performante. Nous avons des atouts importants que nous devons valoriser, que ce soit l’affirmation de Bruxelles comme ville-universitaire, comme capitale européenne, comme ville de tourisme et de congrès.

Le développement international et la question sociale devront donc retenir toute notre attention.

D’ici peu nous adopterons un nouveau plan d’affectation du sol destiné à répondre plus spécifiquement aux conséquences du boom démographique en permettant d’accroître l’offre de logements et d’équipements au service de nos habitants.

Pour parer au plus pressé, nous devions bousculer les programmes d’investissement de la Région et des Communautés en matière d’accueil scolaire et dans nos crèches. Une course contre la montre s’est alors engagée.

La Région a prouvé face à ce défi, toute son utilité à la fois en agissant directement et aussi en cherchant avec les Communautés des accords pour répondre aux besoins urgents de notre population. La quasi totalité des places d’école décidées il y a moins d’un an par la Région sera effectivement construite pour la rentrée 2012. Ce fut une performance du Gouvernement de dégager les moyens financiers, d’assurer un suivi administratif complet dans un tel délai. Je songe à tous les services mobilisés (urbanisme, tutelle sur les pouvoirs locaux, service d’incendie,....) pour arriver à la construction matérielle d’unités pavillonnaires prêtes à accueillir effectivement les élèves dès septembre. Qu’ils en soient remerciés.

Mais les Communautés, la VGC et la COCOF ont su également se mobiliser. Nous sommes probablement en train de gagner cet énorme pari !

Le plan école devrait d’ailleurs être un trait d’union fort entre la Région et les 2 Communautés en prouvant, au lieu de se perdre dans de vaines querelles institutionnelles, que nous sommes capables de dépasser nos appartenances linguistiques, politiques et philosophiques pour relever le défi essentiel de l’éducation et de l’avenir de nos enfants.

Mesdames, Messieurs,

C’est tout le Gouvernement bruxellois qui est en mouvement à travers divers projets et réalisations.

Que ce soit :

?Guy Vanhengel avec la mise en place de l’administration fiscale régionale et le retour progressif à l’équilibre budgétaire en 2015.

-Evelyne Huytebroeck avec la poursuite de l’alliance Emploi-Environnement (après la construction durable, le secteur de l’eau et les déchets).

-Brigitte Grouwels avec la conclusion des contrats de gestion de la STIB et du Port de Bruxelles.

-Benoît Cerexhe et Emir Kir concernant la mise en oeuvre du New Deal avec l’accroissement des synergies Emploi/Formation (notamment le plan langues et le Centre de référence des Métiers de la ville).

-Bruno De Lille avec la mise en oeuvre du Plan de mobilité IRIS 2

-Christos Doulkeridis avec la poursuite du Plan Logement.

Mesdames, Messieurs,

Evidemment, les institutions bruxelloises ne sont pas simples à faire fonctionner. Ce n’est pas la faute des Bruxellois. C’est le prix à payer pour les compromis successifs imaginés et négociés au plan fédéral. Il en résulte parfois des pesanteurs, un manque de lisibilité politique, les hoquets d’une machinerie institutionnelle compliquée.

Il faut gérer les tensions inévitables de toute majorité composite, les tiraillements engendrés par la coexistence de tant d’acteurs et de niveaux de pouvoir intervenant à Bruxelles.

Mais ce grand cargo bruxellois, aux commandes complexes, avec parfois une inflation de capitaines, ce cargo embarquant des identités multiples, affrontant les vicissitudes et les bourrasques d’une grande ville, subissant parfois les assauts des pirates de l’institutionnel, ce grand cargo a pris la mer en 1989 et a traversé bien des tempêtes.

Je sais que la métaphore du cargo va amuser les esprits caustiques et permettre des comparaisons douteuses avec des catastrophes appartenant à l’histoire ancienne ou plus récente de la navigation.

On sait en effet que les cargos peuvent être vulnérables. Sauf ceux qui par magie, comme Bruxelles, ont la capacité de se transformer en une frégate légère et rapide ; par exemple pour répondre aussi vite au défi scolaire dont j’ai parlé ou pour transformer le cargo en cuirassier apte à protéger ses passagers comme ce fut le cas lors des négociations institutionnelles.

Ce cargo bruxellois poursuivra sa route, mais à une condition qui aura valeur de conclusion.

Cette condition est de susciter les vocations politiques et les talents indispensables à la conduite d’une entreprise régionale ambitieuse.

Cette condition est de savoir placer, quand cela s’impose, l’intérêt régional au-dessus des intérêts partisans, communautaires, au-dessus des enjeux locaux, au-dessus des ambitions personnelles.

Être parlementaire, Ministre, Secrétaire d’État à Bruxelles n’est pas un second choix ou une fonction complémentaire.

La Région est l’espace premier de la défense des Bruxellois. Elle le restera car :

-ni l’échelon communal

-ni l’échelon communautaire

-ni l’échelon fédéral

vu leurs compétences limitées, ne peuvent faire aussi bien que la Région pour assurer la synthèse et la coordination de tous les domaines d’action dont dépendent la prospérité de Bruxelles et le bonheur de ses habitants.

Bonne fête à notre Région qui doit de plus rester, dans la tourmente du présent, un symbole du vivre ensemble. »