« Dinner in the sky » s’installe à Bruxelles

VANESSA LHUILLIER

lundi 04 juin 2012, 18:53

Jusqu’au 1er juillet, sept chefs étoilés cuisineront à 30m de haut. « Dinner in the sky » a choisi 4 lieux emblématiques de Bruxelles afin de faire rêver les convives.

« Dinner in the sky » s’installe à Bruxelles

THOMAS BLAIRON

Sky is the limit ! » Sauf pour les sept chefs étoilés bruxellois choisis pour participer à l’événement Dinner in the sky. Durant tout le mois de juin, ils raviront midi et soir 22 gastronomes à plus de 30 m de haut. Pour la première sortie de Dinner in the sky, hier lundi, le temps n’était pas au rendez-vous. Pluie, vent, 13 ºC… on est loin du climat idyllique pour manger en hauteur. Mais qu’importe, une grande armature supporte une toile qui protège les amateurs de sensations fortes. Les concepteurs étant belges, ils avaient prévu.

Dinner in the sky est né voici cinq ans dans la tête de David Ghysels. « Il n’y a qu’en Belgique, pays du surréalisme, qu’on peut inventer une chose pareille ! Si Magritte avait été là, il aurait certainement aimé peindre cette table volante. »

Dans le cadre l’année de la gastronomie à Bruxelles, il était donc logique que Dinner in the sky revienne dans son pays d’origine après avoir visité l’Australie, l’Inde, Dubaï… Pour cette première semaine, la société The Fun group a posé sa grue place des Palais. Les invités attendent patiemment leur tour dans un élément modulable avec une grande baie vitrée donnant sur la plate-forme.

Les sièges ressemblent à ceux d’une attraction à sensation : rigides, enveloppant et avec un harnais sophistiqué. Chacun est attaché par un membre de l’équipe technique. Pas moyen de tomber. Au milieu, Lionel Rigolet du Comme chez Soi et ses deux assistants prennent place. Ils portent leur tenue de chef sur laquelle a été ajouté un baudrier raccordé à la structure métallique de la passerelle.

Après quelques minutes, tout le monde est accroché. La plupart des visages sont détendus, d’autres sont crispés, partagés entre impatience et angoisse. Puis, lentement, les pieds quittent le plancher des vaches. La passerelle monte et ne semble jamais vouloir s’arrêter. Les voitures rétrécissent à vue d’œil. Les convives tentent d’apercevoir le Roi dans sa salle de bain du 3e étage mais, rapidement, ils dépassent le toit du palais. Les cimes des arbres du Parc royal sont à leurs pieds. A 30 m de hauteur, la table s’immobilise. Enfin presque. Le vent souffle trop fort et il faut redescendre de quelques mètres.

Lionel Rigolet peut enfin servir le champagne. Tout le monde respire un grand coup et la table se divise en deux catégories : une partie est à l’aise comme des oiseaux dans le ciel et l’autre ne veut surtout pas regarder en bas et fixe donc droit dans les yeux le chef.

Sa technique est remarquable. On dirait qu’il a fait cela toute sa vie. Il termine de dresser une petite verrine de tomate-crevettes revisitée avec un espuma tomate et basilic. S’ensuivent deux cannellonis de lapereau fourrés à la mousse de foie gras. Un délice.

Entre deux bouchées, les convives observent le paysage. Au loin, les deux tours de Saints-Michel-et-Gudule et Madou ; de l’autre côté le palais royal et le dôme du palais de Justice.

Mais au bout de 20 minutes, la plate-forme entame sa descente. « J’ai vraiment trouvé cela très excitant, commente Lionel Rigolet. C’est une nouvelle aventure et c’est assez amusant de regarder la tête des clients. Je vais certainement faire quelques modifications dans la présentation de mes plats afin que tout ne s’envole pas lors des dîners de gala mais je suis vraiment heureux de participer à ce challenge culinaire. »