Molenbeek : la jeune femme en niqab porte plainte

Rédaction en ligne

mardi 05 juin 2012, 21:26

La jeune femme qui s’est rebellée jeudi dernier contre la police lors d’un contrôle pour port de niqab, Stéphanie Djato, a décidé de porter plainte contre les policiers de la zone Bruxelles-Ouest.

Mardi prochain, Stéphanie Djato se constituera partie civile contre la zone de police Bruxelles-Ouest pour atteinte à la pudeur, coups et blessures.

« Je suis mandaté pour confirmer le dépôt de cette plainte », a précisé l’avocat, Me Didier De Quévy. « Ma cliente présente un certificat médical attestant d’hématomes et d’une commotion cérébrale. Elle précise également dans sa déposition avoir été déshabillée de force au commissariat devant des policiers. »

Selon Me De Quévy, la jeune femme est actuellement hospitalisée pour subir des examens préparatoires à une intervention chirurgicale en cardiologie, qui aura lieu fin juin.

Pour rappel, la police a procédé jeudi au contrôle d’identité de la jeune femme vêtue d’un niqab, alors qu’elle se trouvait à un arrêt de tram à Jette. Refusant de présenter ses papiers d’identité, elle a été emmenée au commissariat central de la zone pour être prise en charge par des policières.

Après rébellion, Stéphanie Djato a été transportée à l’hôpital avec une commotion cérébrale.

Une policière a eu le nez cassé.

La porteuse de niqab est une Belge convertie à l’islam

Stéphanie Djato a 24 ans. Elle est Belge, née à Ixelles, de père belge et de mère camerounaise (dont elle porte le nom). Elle a effectué sa scolarité de base en néerlandais, à l’école primaire de la rue Vervaeck, à Ganshoren, et vit toujours dans cette commune du nord-ouest de Bruxelles, près de la basilique de Koekelberg.

Elle se serait convertie, voici quatre ans, par conviction personnelle, après avoir lu des ouvrages sur l’islam. Ce n’est pas une relation amoureuse avec un musulman qui l’aurait incitée à se convertir, puis à faire le choix de porter le voile intégral, le niqab. Ses proches mettent cependant en cause ses fréquentations dans les milieux extrémistes. Vendredi soir, elle s’est exprimée sous le contrôle du groupuscule radical Sharia4Belgium, qui a rappelé qu’elle s’était déjà vue infliger à cinq reprises des amendes pour port du niqab.

Stéphanie Djato correspond au profil des porteuses de niqab dressé par une étude récente de l’Open Society Foundations : des femmes jeunes, non-immigrées, qui ont fait un choix personnel, et dont près d’un tiers (31 %) a été incité à porter le voile intégral suite à son interdiction… Comme si la répression, en somme, valorisait leur engagement religieux extrême.

R.G (avec Belga)