A Bruxelles, 40% des oiseaux sont en déclin

MICHEL DE MUELENAERE

mercredi 13 juin 2012, 10:21

Sur les 36 espèces d'oiseaux communs présents dans la capitale, 12 progressent et 10 sont stables. Malgré quelques bonnes nouvelles, l'avifaune bruxelloise n'est pas d'une richesse extrême. Par Michel De Muelenaere

A Bruxelles, 40% des oiseaux sont en déclin

Le héron cendré ne fait pas partie de l’avifaune commune bruxelloise Mais son implantation dans la capitale semble durable Plutôt une bonne nouvelle © Alain Dewez

Comment se portent les oiseaux à Bruxelles ? Depuis 20 ans, des passionnés, des experts, participent à des comptages de l'avifaune commune bruxelloise. Cent quatorze « points d'écoute » ont été suivis de 1992 à 2011, sous la supervision de l'association ornithologique Aves. Cela a permis de récolter 43.473 données concernant 36 espèces. Résultats ? Une stabilité relative. Mais qui cache pas mal de différences selon les espèces, indique un rapport paru récemment. Ainsi, 12 populations d'oiseaux augmentent, 10 sont stables, mais 14 déclinent. Ceux qui voient le verre à moitié plein noteront que 60 % des populations sont stables ou en augmentation. Les autres noteront que 40 % sont en déclin. Parfois notable.

Repères

Ils augmentent :

Perruche alexandre

Pigeon biset

Choucas des tours

Buse variable

Perruche à collier

Ils diminuent

Fauvette grisette

Faucon crécerelle

Moineau domestique

Pouillot fitis

Etourneau sansonnet

Une avifaune « fortement appauvrie »

Premier bémol : les comptages concernent l'avifaune commune, les oiseaux les plus fréquemment observés ; « 59 % des espèces nicheuses ont une population de moins de 100 couples », note Aves. Ces espèces étaient jadis présentes dans la capitale, mais désormais cet effectif trop réduit empêche tout comptage. Pas de miracle : « L'avifaune bruxelloise est déjà fortement appauvrie », relève Jean-Yves Paquet, directeur du service d'études chez Aves. Reste que l'avifaune commune représente à elle seule un tiers des oiseaux nicheurs dans la capitale. Elle est donc un bon indicateur des populations d'oiseaux.

Dans le détail ? Les corvidés (geai, pie, choucas…) se portent plutôt bien, indique le rapport : deux espèces sont stables, deux en augmentation. Les cavernicoles indigènes (pic-vert, pic épeiche, mésange bleue et charbonnière, étourneau sansonnet) sont également en bon état et « suivent une évolution favorable » : trois espèces stables, quatre en augmentation, une en déclin. « Elles profitent du vieillissement des plantations d'arbres dans les jardins des quartiers résidentiels construits dans les années 60 et dans les parcs, poursuit Paquet. Ces lieux deviennent accueillants pour des oiseaux comme la sittelle. Reste qu'il faut être attentif et suivre attentivement ce qui se passera lorsque les vieux arbres arriveront en fin de vie et devront être remplacés. »

Les espèces « liées au bâti » (pigeon biset, tourterelle turque…), elles, semblent connaître une progression. Les migrateurs font en revanche grise mine : sur les sept espèces, cinq sont en déclin (rousserolle verderolle, fauvette…). « Les insectivores non sédentaires sont particulièrement exposés. Il est difficile de dire si leur déclin est dû à un manque de nourriture ou à des problèmes lors de leur migration. Réduction des habitats buissonnants des milieux en friche ? Ces facteurs ont pu jouer. En tout cas, on constate dans d'autres villes que la qualité de l'air urbain a un impact direct sur l'abondance du “plancton aérien” qui profite aux hirondelles de fenêtre et aux martinets. »