Un dernier Pic Nic avant l’automne

Corentin DiPrima

vendredi 22 juin 2012, 15:21

Ce dimanche, le deuxième Pic Nic the Streets bruxellois sera aussi le dernier avant l’automne, selon les organisateurs.

Un dernier Pic Nic avant l’automne

©Belga

Un renoncement, alors que la Ville de Bruxelles les a autorisés tout l’été ? « Pas du tout, estime David, qui fait partie du mouvement qui a rassemblé plus de 2000 personnes le 10 juin dernier sur le boulevard Anspach. Les gens sont au courant, ils vont se réapproprier les lieux, tout l’été, même en l’absence d’appel formel de notre part ».

Les pique-niqueurs se réjouissent que « les lignes aient bougé. C’est positif. Mais limité », estiment-ils. Philippe Van Parijs ne dit pas autre chose dans sa carte blanche adressée au bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans (PS) et publiée jeudi dans Le Soir. « Il s’agit d’une victoire importante contre le fatalisme, dont il y a lieu de vous remercier et qu’il s’agira de fêter dignement ce dimanche 24 juin, lors du premier Picnic Anspach que vous faites plus que tolérer. Cette victoire suffira-t-elle à satisfaire les pique-niqueurs ? Evidemment non. Il ne s’agit après tout que d’interrompre le trafic automobile moins de 2 % du temps sur 10 % des boulevards du centre pendant deux mois sur douze. Or, tous sont persuadés qu’un réaménagement bien plus général et permanent est indispensable. Vous aussi d’ailleurs, puisque vous avez tenu à rappeler que vous aviez dans vos cartons un plan de mobilité pour le centre-ville qui pourrait être réalisé à partir de 2014 », estime le professeur de l’UCL, qui a déclenché le mouvement citoyen.

Si symboliquement, ce dimanche, il s’agira donc du dernier Pic Nic de l’été, la mise en piétonnier du tronçon Fontainas – De Brouckère sera bien effective jusqu’à la fin du mois d’août (excepté le 1er juillet, pour cause de soldes). Et les pique-niqueurs ne comptent pas en rester là : « On reviendra en septembre, et pas seulement boulevard Anspach, mais d’autres endroits pourraient être ciblés : on connaît les problèmes du goulet Louise, du Sablon, mais aussi de la place Van Meenen à Saint-Gilles. Attention, nous ne sommes pas anti-voitures, c’est important à préciser, elles pourront toujours passer sur les places publiques, mais plus les envahir », explique David.

Une impatience qu’on juge contre-productive du côté de la Ville de Bruxelles : « Rome ne s’est pas faite en un jour. De même pour Bruxelles et ses places publiques : on ne peut pas tout changer de manière anarchique en deux semaines, ce serait contraire à la responsabilité politique et aussi d’ailleurs à l’exigence d’espaces publiques de qualité réclamés par Philippe Van Parijs et les pique-niqueurs, estime Nicolas Dassonville, porte-parole de Freddy Thielemans.

En attendant, les pique-niqueurs donnent rendez-vous ce dimanche entre 12h et 14h place de la Bourse.