La Zen Car court-circuitée au démarrage ?

PATRICE LEPRINCE

jeudi 28 juin 2012, 10:04

La Zen Car court-circuitée au démarrage ?

Produite à Bologne (Italie) dans les usines Tazzari, la Zen Car carbure à l’électricité et peut atteindre les 100 km/h en 5 secondes © Roger milutin

C'est début 2011 que le projet pilote Zen Car a pris place sur les routes bruxelloises. Le concept se rapproche du service d'autos à partager Cambio avec une différence de taille et aussi d'alimentation puisque les petites Tazzari zéro roulent à l'électricité. Dans son road-book, la société privée avait prévu d'étendre progressivement sa toile dans la capitale. Las pour elle, les patrons doivent revoir leurs ambitions à la baisse. Un couac au démarrage qui irrite l'administrateur-délégué de la société, Régis Leruth : « Nous avons signé un contrat de développement avec la Région bruxelloise et nous devions ensuite voir les communes individuellement pour étendre le nombre de nos emplacements. Et là, le bât blesse. »

Repères

Mensurations

La Zen Car mesure 2,88 mètres de long, 1,56 mètre de large et pèse 542 kilos. Elle peut accueillir 2 personnes. Autonomie : 120 km. Temps de recharge des batteries

lithium-ion : 8 à 9 heures.

Coût

Quarante euros de droit

inscription, un abonnement mensuel de 6 euros, plus un coût variable de 7 euros de l'heure. Le prix inclut électricité, assurances, maintenance, nettoyage, stationnement et une assistance 24 h/24.

www.zencar.eu.

« On stagne à 500 membres » Alors qu'ils projetaient d'installer une quarantaine de stations, les responsables stagnent actuellement à 17. Dont six (et bientôt 3 supplémentaires) nées grâce au privé Interparking. Toutes les autres sont situées sur des artères régionales. Aucune, donc, au niveau local. Est-on en train de revivre le bras de fer qui a opposé les deux niveaux de pouvoir dans le cadre de l'arrivée de Villo ? On se souvient en tout cas des tensions qui ont précédé le déploiement des vélos à partager proposés par Decaux. Dans un premier temps, certaines communes ont freiné des quatre fers puis ont choisi d'opter pour un contrat bipartite avec Decaux plutôt que pour la convention tripartite proposée par la Région.

Ce nouveau projet, défendu par la ministre Brigitte Grouwels (Mobilité, CD&V), serait-il perçu comme un coup de force régional ? C'est un peu l'impression de notre interlocuteur qui, malgré de nombreux contacts avec des mayeurs bruxellois, dit se heurter à une fin de non-recevoir. « Tout le monde se montre intéressé mais rien ne bouge. Face à ce blocage, la Région a décidé de créer un règlement unique valable pour l'ensemble des opérateurs actifs dans le car-sharing. »

Du côté de la Ville de Bruxelles, on tempère les inquiétudes de l'administrateur-délégué. « La société Zen Car a conclu une convention avec la Région et non avec les communes, rappelle-t-on au cabinet de l'échevin de la Mobilité, Christian Ceux (CDH). Lorsque les responsables sont venus nous voir, nous avons remis un avis positif au développement de ce système mais nous avons demandé à la Région d'organiser le fonctionnement du car sharing et ce, pour l'ensemble du secteur. Et ce texte devrait bientôt passer en première lecture au gouvernement ».

Voilà qui devrait rassurer les patrons de Zen Car, même si… « On aurait pu penser à ce règlement lorsque s'est développé Cambio », grince régis Leruth qui aimerait ne plus devoir ronger son frein et appuyer, enfin, sur l'accélérateur. « Aujourd'hui, nous stagnons à 500 membres mais la demande est là. Chaque fois que nous ouvrons une nouvelle station, les clients répondent présents ».